Memantine

La mémantine est une substance dissociative de la classe des adamantanes qui produit des effets dissociatifs de longue durée lorsqu’elle est administrée. C’est un dérivé de l’amantadine et il est pharmacologiquement apparenté à des composés tels que le PCP, la kétamine et le DXM, bien que son usage récréatif soit relativement rare.

“Il a été postulé que la mémantine exerce son effet thérapeutique par son action en tant qu’antagoniste des récepteurs NMDA non compétitif (canal ouvert), non sélectif, dépendant du voltage, d’affinité faible à modérée, qui se lie préférentiellement aux canaux calciques exploités par les récepteurs NMDA. La mémantine bloque les effets de niveaux de glutamate élevés de manière soutenue et pathologique, qui pourraient autrement conduire à un dysfonctionnement neuronal. La mémantine réduit l’apoptose neuronale et prévient les lésions neuronales. La mémantine a été approuvée dans le monde entier pour le traitement de la maladie d’Alzheimer modérée à sévère.”

Matsunaga, S., Kishi, T., Nomura, I., Sakuma, K., Okuya, M., Ikuta, T., & Iwata, N. (2018). The efficacy and safety of memantine for the treatment of Alzheimer’s disease. Expert Opinion on Drug Safety, 17(10), 1053-1061.

Effets
Oral
Légers
20 - 50 mg
Moyens
50 - 100 mg
Forts
100 - 150 mg
Très forts
150 + mg
Phases
Oral
Début
4 - 6 h
Effets principaux
3 - 12 h
Descente
5 - 24 h
Effets résiduels
8 - 24 h

Les consommateurs rapportent que les effets dans la mémantine sont très longs. Il est recommandé de faire attention aux dosages et de bien réfléchir avant d’en consommer étant donné que les effets peuvent s’étaler sur 2-3 jours. Si vous n’êtes pas habitué aux dissociatifs, il n’est vraiment pas recommander d’essayer la mémantine.

La mémantine peut être utilisée en thérapies pour gérer l’anxiété. En effet, cette drogue semble présenter un profil anxiolytique. Le glutamate jouerait un rôle dans le développement de l’anxiété. Le glutamate, neurotransmetteur excitateur, est souvent en équilibre avec un neurotransmetteur inhibiteur, le GABA. Cet équilibre GABA-glutamate (lorsque le GABA est faible et le glutamate normal à élevé) est également considéré comme jouant un rôle dans le développement des troubles de l’anxiété généralisée ou sociale.

Parfois, des médicaments sédatifs augmentant l’activité du GABA, tels que le diazépam, sont utilisés pour augmenter le GABA et créer un meilleur équilibre entre le glutamate stimulant et le GABA inhibiteur. Étant donné la capacité de la mémantine à réduire l’activité du glutamate, elle pourrait également réduire l’anxiété sans qu’il soit nécessaire de recourir à un médicament sédatif. La diminution du glutamate de cette manière peut permettre aux concentrations de GABA du patient d’être plus efficaces pour réduire les symptômes de l’anxiété généralisée ou sociale.

“Les preuves solides de relations directes entre la signalisation glutamatergique et la perpétuation des troubles liés à l’utilisation de substances font que les médicaments modulant le glutamate, tels que la mémantine, sont au centre de la recherche sur le traitement de la toxicomanie. Cependant, l’incohérence apparente entre les résultats précliniques et cliniques appelle à une meilleure compréhension du mécanisme d’action de la mémantine. Étant donné que l’effet de la toxicomanie sur l’homéostasie glutamatergique varie en fonction du stade de la dépendance et de la substance consommée, il est essentiel d’examiner l’utilité de la mémantine en se concentrant plus précisément sur l’état glutamatergique (hyperglutamatergique ou hypoglutamatergique), indépendamment des substances individuelles et du stade de la toxicomanie. Ce concept pose plusieurs problèmes, tels que les variations des niveaux de glutamate entre les différentes régions du cerveau et la difficulté de mesurer les changements subtils du glutamate chez les sujets humains. Cependant, une telle approche thérapeutique basée sur la physiopathologie nous rapprochera d’une approche thérapeutique individualisée avec des biomarqueurs d’imagerie potentiels pour la sélection des médicaments et la prédiction des résultats du traitement. En outre, les interactions pharmacocinétiques entre la mémantine et diverses drogues d’abus au niveau des sites de clairance et de la BHE pourraient éventuellement expliquer une partie de l’inefficacité observée et, plus important encore, une partie de l’accentuation des sensations subjectives liées à la drogue signalées dans plusieurs études. Des études précliniques pourraient indiquer si l’administration concomitante de mémantine et de substances d’abus améliore le transport des substances d’abus à travers la barrière hémato-encéphalique (BHE) et augmente ainsi les effets de récompense de la consommation de substances. Si la mémantine modifie effectivement la perméabilité de la BHE à certaines drogues, nous pourrions envisager de tirer parti de cette propriété en modulant le transporteur de la BHE afin d’atténuer l’entrée de la drogue dans le cerveau. Enfin, le fait que la mémantine ait montré une capacité unique à inverser la réponse neuroinflammatoire induite par une substance met en évidence le rôle longtemps ignoré de la microglie dans la toxicomanie et appelle à des recherches supplémentaires pour explorer les mécanismes non neuronaux de la toxicomanie. Dans l’ensemble, les résultats actuels et controversés des essais cliniques ne devraient pas décourager l’utilisation de la mémantine comme traitement des troubles liés à l’utilisation de substances ; au contraire, la diversité des résultats cliniques appelle à poursuivre les recherches sur le mécanisme d’action de la mémantine.”

Source : Montemitro, C., Angebrandt, A., Wang, T. Y., Pettorruso, M., & Abulseoud, O. A. (2021). Mechanistic insights into the efficacy of memantine in treating certain drug addictions. Progress in Neuro-Psychopharmacology and Biological Psychiatry, 111, 110409..