Alcool

L’alcool (également connu sous le nom d’éthanol, d’alcool éthylique, d’hydroxyde d’éthyle, d’alcool à boire) est une substance naturelle de la classe des dépresseurs. C’est le principal composant psychoactif des boissons alcoolisées, des liqueurs et des spiritueux, ce qui en fait la deuxième substance récréative la plus utilisée dans le monde (après la caféine). L’éthanol agit principalement en se liant aux récepteurs GABA.

“D’innombrables études montrent que les hommes sont plus susceptibles que les femmes de consommer de l’alcool et que, parmi les buveurs, les hommes consomment plus d’alcool que les femmes. Toutefois, des recherches suggèrent que cet écart entre les genres en matière de consommation d’alcool pourrait être en train de se réduire.”

McCaul, M. E., Roach, D., Hasin, D. S., Weisner, C., Chang, G., & Sinha, R. (2019). Alcohol and women: A brief overview. Alcoholism, clinical and experimental research, 43(5), 774.

Effets
Oral
Légers
1 - 2 unités d'alcool
Moyens
2 - 3 unités d'alcool
Forts
3 - 4 unités d'alcool
Très forts
4 + unités d'alcool
Phases du GHB
Oral
Début
≈ 45 min
Effets principaux
30 - 90 min
Descente
45 - 120 min
Effets résiduels
6 - 48 h

L’alcool est concerné par la loi Evin, mais de manière moins restrictive comme on peut le constater aux nombreux arrêts de bus arborant fièrement les publicités de 1664 ou d’Heineken. Il jouit encore d’une image très positive, où intérêts financiers et bêtise semblent se rencontrer pour une synergie malheureuse. Didier Guillaume, ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation de 2018 à 2020, avait annoncé sans sourciller que “le vin n’est pas un alcool comme un autre“.

Sur un total de 580 000 décès en 2015, 41 000 étaient attribuables à l’alcool : 30 000 chez les hommes et 11 000 chez les femmes, ce qui représente respectivement 11% et 4% du total des décès des adultes de plus de 15 ans. Les impacts les plus larges de la consommation d’alcool sont observés pour les cancers, avec 16 000 décès attribuables, et les pathologies cardiovasculaires avec 9 900 décès attribuables. Si, pour les hommes, les cancers représentaient la première cause de décès attribuable à l’alcool avec plus de 12 000 décès, les pathologies cardiovasculaires étaient la première cause de décès attribuable à l’alcool chez les femmes avec 4 000 décès (vs 3 500 décès par cancer).

Bonaldi, C., & Hill, C. (2019). La mortalité attribuable à l’alcool en France en 2015. Bull épidémiol hebd, 56, 97-108.

Chiffres clés liés à l’alcool, de l’OFDT, 2022. Une erreur est à souligner : il n’y a pas 2400 accidents mortels liés à l’alcool mais plutôt 642 pour l’année 2020. Pour 2022 le chiffre s’élève à 759. Une source plus poussée sur l’alcool provenant de l’OFDT : La consommation d’alcool et ses conséquences en France en 2022.

L’alcool, qu’il soit sous forme de bière, de vin ou de boissons plus fortes encore, comporte toujours les mêmes risques. Bien entendu il remplit beaucoup de fonctions que l’on recherche souvent pour de bonnes raisons : festivités, liens sociaux, recherche d’euphorie, etc… Mais il serait risqué de partir du principe que certains alcools sont plus sûr que d’autres. Ce sont les manière de consommer qui comptent, et sauf dans des cas particuliers (bière sans alcool ou absinthe), il n’y a pas beaucoup de sens à mettre de côté un alcool, comme le vin, pour chercher à faire croire qu’il serait factuellement moins nocif que les autres.

Il se passe quoi dans le corps quand on boit ?

Les deux neurotransmetteurs les plus communs dans le corps, et les plus puissants, sont le glutamate et l’acide gamma-aminobutirique (GABA). Le glutamate est l’accélérateur de l’activité cérébrale et le GABA est le frein. Ils permettent entre autre de bien dormir, de créer des souvenirs, de penser… Le glutamate, lorsqu’il est relâché dans les synapses, active le prochain neurone, tandis que le GABA produit l’inverse. Il est nécessaire d’avoir un équilibre entre les deux, puisque trop de glutamate signifie une trop grande activité cérébrale (risque d’anxiété élevée, convulsions, dégâts au cerveau), tandis que trop de GABA peut signifier une dépression respiratoire, un black out…

La nature faisant bien les choses (parfois), l’équilibre se produit par lui-même, c’est-à-dire qu’à chaque fois que du glutamate se manifeste dans le cerveau, le GABA en fait autant, et inversement.

La première chose que fait l’alcool dans notre corps est d’augmenter l’action du système gabaergique, ce qui nous permet de nous sentir relaxé. Cela explique d’ailleurs pourquoi des personnes naturellement anxieuses se tournent vers l’alcool (et bien entendu vers les anxiolytiques comme les benzodiazépines ayant la même action gabaergique). Et comme on l’a déjà souligné, trop de GABA (ici donc, trop d’alcool), favorise la perte de capacités cognitives, une possible perte de conscience…

 

Et si vous vous rappelez l’action du glutamate, vous comprendrez qu’il essaiera de s’équilibrer lui aussi. Ce qui mène à des problèmes lorsque le GABA redescend quelques temps après la consommation, puisque durant un certain temps le glutamate se retrouve en excès par rapport au GABA et nous met donc à risque sur le plan cérébral (dans les sevrages les plus compliqués on parle même de delirum tremens, qui peut s’avérer mortel). L’addiction s’installe d’ailleurs en grande partie afin d’éviter les symptômes de sevrage que sont les tremblements et l’anxiété anormale, puisque reboire permet de se rééquilibrer. Bref, il est facile d’installer un cercle vicieux avec l’alcool où l’on commence à boire pour des raisons diverses, pour continuer à boire pour éviter le sevrage.