Les vilaines petites choses.

La consommation de drogues ne comporte pas uniquement des risques liés aux effets des drogues. Certains modes de consommation, principalement l’injection, le sniff et l’inhalation, peuvent favoriser la transmission de certains virus, au travers du partage de matériel et de pratiques sexuelles dans certains contextes comme le chemsex ou l’usage sexualisé de drogues.

Nous allons ici aborder la question des infections sexuellement transmissibles, qui malgré leur appellation ne proviennent pas nécessairement d’un rapport sexuel.

Fluides corporels et risques de transmission des IST

Sperme
Liquide pré séminal
Sécrétions vaginales
Sang
Salive
Urine
Selles
Lait maternel
VIH
+
+
+
+
-
-
-
+
Hépatite A
-
-
-
-
-
-
+
-
Hépatite B
+
+
+
+
+
-
-
-
Hépatite C
-
-
-
+
-
-
-
-
Syphilis
+
+
+
+
-
-
-
-
Herpès et HPV
+
+
+
-
-
-
-
-
Chlamydia et gonocoque
+
+
+
-
-
+
+
-

Les liquides seuls ne permettent pas de prédire une infection. C’est l’addition d’un liquide avec une charge virale ou bactérienne suffisante avec une porte d’entrée (plaie, muqueuse..) qui crée la possibilité d’être infecté.

Lorsqu’il s’agit uniquement de consommation de drogues, c’est surtout le VIH et les hépatites B et C qui sont les infections les plus souvent contractées lors du partage de matériel.

Pratiques et risques de transmission des IST

Pénétration vaginale et anale
Fellation
Cunnilingus
Anulingus
Caresse sexuelle
S'embrasser
Partage de seringue
Partage de paille
Mère-enfant
VIH
+
+
-
-
-
-
+
-
+
Hépatite A
-
-
-
+
-
-
-
-
-
Hépatite B
+
+
+
-
-
+
+
+
+
Hépatite C
+
-
-
-
-
-
+
+
+
Syphilis
+
+
+
+
+
-
+
+
+
Herpès et HPV
+
+
+
+
+
-
-
-
+
Chlamydia et gonocoque
+
+
+
+
+
-
-
-
+

L’hépatite C peut être transmise via le partage de matériel de consommation et lors de certaines pratiques sexuelles traumatiques (qui expose donc au sang).

Il est donc fortement conseillé de ne pas partager son matériel de consommation et de se protéger lors des rapports sexuels !

Quelques données scientifiques sur les IST

Comme dit plus haut, c’est le plus souvent au VIH et aux hépatites B et C que sont confrontés les consommateurs et consommatrices de drogues lorsqu’il y a un partage de matériel ou certaines pratiques sexuelles.

La consommation de drogues par injection est un facteur de risque important pour la contraction de maladies infectieuses transmises par le sang et d’autres maladies infectieuses dans la zone européenne (voir liste qui suit). Pour plusieurs maladies infectieuses, en particulier l’hépatite C, la charge attribuable à la consommation de drogues injectables est très élevée et disproportionnée par rapport à la taille relativement faible de la population des personnes qui s’injectent des drogues. Il a également été démontré que le VIH et l’hépatite virale non traités réduisent la qualité et l’espérance de vie des personnes infectées, y compris les consommateurs de drogues injectables.

Le principal mode de transmission des virus à diffusion hématogène tels que le virus de l’hépatite B (VHB), le virus de l’hépatite C (VHC) et le VIH chez les personnes qui s’injectent des drogues est le partage de matériel d’injection contaminé, comme les seringues, les aiguilles, les récipients de mélange de drogues et d’autres accessoires pour la préparation des drogues. 

L’infection par le VHC est particulièrement préoccupante chez les personnes qui s’injectent des drogues, elle est plus importante que celle du VIH. Les chercheurs pensent que cela est dû au fait que des concentrations relativement élevées de VHC peuvent être trouvées dans le sang à la fois pendant la phase de primo-infection et chez les personnes qui deviennent chroniquement infectées, ainsi qu’au fait que le VHC peut survivre plus longtemps en dehors de l’organisme que le VIH.

Un doute sur une prise de risque ? Faites un dépistage !