01 NPS Stimulant

2-fluorométhamphétamine

La 2-FMA est une substance stimulante de la classe des amphétamines. C’est un analogue de la méthamphétamine. Sa vente sur le marché des research chemicals a été signalée pour la première fois en 2007.

Psychotrope illégal
Arrêté du 22 février 1990 fixant la liste des substances classées comme stupéfiants · Annexe III

Les effets

Les dosages

Dosages indicatifs

Dosages (par voie)

Effets Oral Nasal
Légers 5 - 15 mg 5 - 15 mg
Moyens 15 - 30 mg 15 - 30 mg
Forts 30 - 50 mg 30 - 50 mg
Très forts 50 + mg 50 + mg

Valeurs indicatives — dépendant de la pureté, tolérance et méthode d'administration.

Durée / Phases

Phases Oral Nasal
Début 45 - 100 min 0.5 - 1 h
Effets principaux 2.5 - 4 h 1 - 3 h
Descente 2 - 3 h 1.5 - 3 h
Effets résiduels 4 - 12 h 2 - 4 h

Durées approximatives — sujettes à variation suivant la dose, voie et métabolisme individuel.

Calculateurs de dose et dosage recommandé.

Le 2-FMA est une substance illégale dont la pureté peut varier d'un endroit à l'autre, d'une époque à l'autre. Il n'existe pas de "dosage recommandé" sûr sans qu'une analyse n'ait été réalisée par un labo compétent, et sans que vous sachiez correctement doser votre produit. Renseignez-vous sur les différents aspects importants d'une consommation pour réduire au mieux les risques.

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La pharmacologie

Profil pharmacologique

2-FMA — structure 2D (CID 24257263)
2-fluoro-N-méthylamphétamine

CID 24257263 · non répertorié DrugBank

Mode d'action Libération de dopamine et de noradrénaline via inversion DAT/NET ; analogue fluoré de la méthamphétamine.

Formule chimique C₁₀H₁₄FN
Poids moléculaire 167.22g/mol
Demi-vie peu documentée
LogP 2.2
H-donneurs 1
H-accepteurs 2
Métabolisation CYP2D6 (extrapolé des amphétamines)

Mécanisme d'action

La 2-FMA n'a jamais été étudiée formellement chez l'humain. Le mécanisme décrit ici est extrapolé de sa parenté structurelle avec la méthamphétamine et des données disponibles sur les amphétamines fluorées voisines (2-FA, 3-FA, 4-FMA). On considère qu'elle agit comme un agent libérateur de catécholamines : en se liant aux transporteurs de la dopamine (DAT) et de la noradrénaline (NET), elle en inverse le sens de fonctionnement, provoquant le déversement de ces messagers dans la fente synaptique plutôt que leur recapture. Particularité partagée avec les autres fluoro-amphétamines en position ortho et méta : l'action sur la sérotonine semble négligeable, ce qui éloigne son profil de celui des empathogènes (MDMA) et le rapproche d'un stimulant « propre », orienté concentration et éveil. C'est d'ailleurs pour cela qu'elle est souvent comparée à la lisdexamfétamine (Vyvanse) ou à la dexamphétamine comme aide à l'étude.


Les deux neurotransmetteurs-clés

Dopamine DA

Le circuit de la récompense, de la motivation et du plaisir. C'est la libération de dopamine qui sous-tend l'euphorie, l'élan de motivation et — revers de la médaille — l'essentiel du potentiel addictif de la molécule.

Motivation · Récompense · Euphorie
Noradrénaline NE

Le « mode alerte » du corps : éveil, concentration soutenue, accélération du rythme cardiaque, hausse de la tension artérielle et coupe-faim. C'est la composante noradrénergique, dominante, qui donne à la 2-FMA sa réputation de stimulant « fonctionnel » plutôt que franchement récréatif.

Éveil · Concentration · Stimulation physique

Au-delà des deux principaux neurotransmetteurs

Quelques précisions complètent ce tableau et expliquent une partie du profil ressenti.

Sérotonine quasi absente

Contrairement à la MDMA ou à la 4-FMA, l'action sérotoninergique de la 2-FMA est considérée comme minime. On n'y retrouve donc ni la chaleur émotionnelle empathogène, ni le risque marqué de syndrome sérotoninergique propre à ces molécules.

Euphorie modérée

Plusieurs retours d'usage et la fiche Wikipédia décrivent une euphorie moindre que celle des amphétamines classiques, possiblement liée au poids de la composante noradrénergique. Donnée à prendre avec prudence : elle n'est pas validée cliniquement.

Métabolisation

Par analogie avec les amphétamines, on suppose une métabolisation hépatique impliquant le CYP2D6. Aucune étude pharmacocinétique humaine n'a confirmé les voies exactes ni les métabolites de la 2-FMA. ⚠

La liaison carbone–fluor

Le fluor en position 2 stabilise la molécule et ralentit sa dégradation, ce qui contribue à une action plus longue et plus « lisse ». Mais à haute température, cette liaison C–F peut se rompre et libérer des composés fluorés toxiques : la 2-FMA ne doit jamais être fumée ou vaporisée.

L'addictivité

Potentiel addictif

Aucune littérature scientifique n'évalue spécifiquement le potentiel addictif de la 2-FMA. Mais comme tout libérateur de dopamine agissant sur le circuit de la récompense, il est raisonnable de le considérer comme élevé, au même titre que celui de l'amphétamine ou de la méthamphétamine. L'addiction n'est jamais le seul fait de la molécule : elle résulte d'un faisceau de facteurs biologiques, psychologiques et environnementaux. Le risque propre à la 2-FMA tient à son usage : présentée comme un stimulant « fonctionnel » d'aide à l'étude ou au travail, elle se prête à une consommation quotidienne et utilitaire — précisément le schéma le plus propice à l'installation d'une dépendance, car la prise se justifie par la performance plutôt que par la fête.

Tolérance et dépendance

Comme les autres stimulants amphétaminiques, la 2-FMA induit vraisemblablement une tolérance rapide : à mesure que les stocks de catécholamines s'épuisent et que les récepteurs se désensibilisent, il faut augmenter les doses pour retrouver le même effet. Cette escalade favorise le « binge » (prises répétées sur une même session), la privation de sommeil et l'épuisement physique. La dépendance attendue est surtout psychologique : besoin de la substance pour se concentrer, anxiété à l'idée de s'en passer. À l'arrêt après un usage intensif, on peut s'attendre — par analogie avec les amphétamines — à une phase de descente marquée par la fatigue, l'humeur basse, l'irritabilité, l'augmentation de l'appétit et une perte temporaire de plaisir (anhédonie). Espacer les prises, fixer des limites de dose et de fréquence à l'avance, et ménager des périodes sans consommation restent les meilleurs garde-fous.

Évaluez vos consos avec le DUDIT !

Le Drug Use Disorder Identification TestLe questionnaire que vous pouvez utiliser sur cette page est réadapté du questionnaire DUDIT, utilisé par de nombreux professionnels de santé en addictologie.Hildebrand, M. (2015). The psychometric properties of the DUDIT: a review of recent research. J. Substance Abuse Treatment, 53, 52-59.
DOI:10.1016/j.jsat.2015.01.008
, ou DUDIT, est un test que vous pouvez faire si vous avez un doute sur votre consommation. Seul.e vous pourrez voir le résultat.

Le questionnaire s'affiche une question à la fois. Répondez à la question actuelle pour passer à la suivante.

Les risques sur la santé

Risques immédiats

Les risques immédiats de la 2-FMA sont ceux d'un stimulant catécholaminergique. La libération de noradrénaline accélère le cœur et fait monter la tension : au-delà de la fourchette des doses fortes, on rapporte fréquemment une hypertension artérielle et une tachycardie marquées. S'y ajoutent l'hyperthermie (aggravée par la danse, la chaleur et l'effort), l'anxiété voire les crises de panique, l'insomnie, la mâchoire crispée, la coupe-faim et la déshydratation. Un point spécifique à cette molécule : il ne faut jamais la fumer ni la vaporiser. La chaleur peut rompre la liaison carbone–fluor et libérer des composés fluorés toxiques. Les voies orale et nasale sont les seules documentées. Boire régulièrement de petites quantités d'eau, faire des pauses au frais et éviter de cumuler avec d'autres stimulants réduit nettement le danger.

Risques à long terme

C'est ici que l'honnêteté s'impose : il n'existe pratiquement aucune donnée sur les effets à long terme de la 2-FMA. ⚠ Elle est quasi inconnue de la littérature clinique. Tout ce qu'on peut faire, c'est raisonner par analogie avec les amphétamines mieux étudiées, dont l'usage chronique à doses élevées est associé à une fatigue cardiovasculaire, à des troubles de l'humeur et du sommeil, à un amaigrissement, à des problèmes dentaires et, dans les cas sévères, à des épisodes psychotiques. La neurotoxicité dopaminergique évoquée pour la méthamphétamine n'a pas été démontrée pour la 2-FMA, mais ne peut pas non plus être écartée. À cette incertitude s'ajoute le risque propre au marché des research chemicals : pureté variable et adultération. Sans analyse en laboratoire, impossible de savoir ce que contient réellement un produit vendu comme « 2-FMA » — ce qui constitue, en pratique, l'un des dangers les plus concrets.

Les mélanges

Interactions dangereuses

En tant que stimulant, la 2-FMA fait peser une charge importante sur le système cardiovasculaire. La combiner à un autre stimulant (cocaïne, amphétamine, MDMA, cathinones, caféine en excès) additionne les effets sur le cœur et la température, et augmente nettement le risque d'accident. La combiner à un dépresseur (alcool, opioïdes, benzodiazépines, GHB) est trompeuse : le stimulant masque les signaux de l'autre substance, ce qui pousse à en reprendre et expose à un surdosage du dépresseur. Le mélange le plus dangereux reste celui avec les IMAO (certains antidépresseurs, le bleu de méthylène, etc.) : un libérateur de catécholamines associé à un IMAO peut provoquer une crise hypertensive potentiellement mortelle. Enfin, avec un NPS aussi peu étudié, beaucoup d'interactions restent tout simplement inconnues : la prudence est de mise.

Histoire et culture

Contexte historique

La 2-FMA est un pur produit de l'ère des research chemicals. Sa vente sur le marché en ligne a été signalée pour la première fois en août 2007, dans la vague des amphétamines fluorées qui a aussi vu apparaître la 2-FA et la 4-FA. Ces molécules naissent d'une logique simple décrite par la recherche médicolégale : on ajoute ou retire un groupe (ici un atome de fluor) à une substance active connue — la méthamphétamine — pour obtenir un composé inédit, souvent hors du champ des lois sur les stupéfiants au moment de sa création. La 2-FMA a d'ailleurs été identifiée dès 2010 par une analyse médicolégaleCamilleri, A., et al. (2010). Chemical analysis of four capsules containing the controlled substance analogues 4-methylmethcathinone, 2-fluoromethamphetamine, α-phthalimidopropiophenone and N-ethylcathinone. Forensic Science International, 197(1-3), 59-66.
DOI:10.1016/j.forsciint.2009.12.048
de capsules saisies, aux côtés d'autres NPS. Elle demeure aujourd'hui largement absente de la littérature clinique.

Bibliographie

Sources et références

  • Camilleri, A., Johnston, M. R., Brennan, M., Davis, S., & Caldicott, D. G. (2010). Chemical analysis of four capsules containing the controlled substance analogues 4-methylmethcathinone, 2-fluoromethamphetamine, α-phthalimidopropiophenone and N-ethylcathinone. Forensic Science International, 197(1-3), 59-66.
    DOI:10.1016/j.forsciint.2009.12.048
  • Hildebrand, M. (2015). The psychometric properties of the drug use disorders identification test (DUDIT): a review of recent research. Journal of Substance Abuse Treatment, 53, 52-59.
    DOI:10.1016/j.jsat.2015.01.008
  • PsychonautWiki contributors. 2-FMA. PsychonautWiki — ressource communautaire (consultée en 2026).
    psychonautwiki.org/wiki/2-FMA