01Substance

6-allyl-6-nor-LSD

NPS Psychédélique - AL-LAD

Psychotrope illégal
Arrêté du 22 février 1990 fixant la liste des substances classées comme stupéfiants · Annexe III

Les effets

Les dosages

Dosages indicatifs

Dosages (par voie)

Effets Sublingual
Légers 50 - 100 µg
Moyens 100 - 225 µg
Forts 225 - 350 µg
Très forts 350 + µg

Valeurs indicatives — dépendant de la pureté, tolérance et méthode d'administration.

Durée / Phases

Phases Sublingual
Début 1 - 2 h
Effets principaux 2.5 - 5 h
Descente 2 - 3 h
Effets résiduels 2 - 18 h

Durées approximatives — sujettes à variation suivant la dose, voie et métabolisme individuel.

Calculateurs de dose et dosage recommandé.

Le AL-LAD est une substance dont la pureté peut varier. Il n'existe pas de "dosage recommandé" sûr sans qu'une analyse n'ait été réalisée par un labo compétent, et sans que vous sachiez correctement doser votre produit. Renseignez-vous sur les différents aspects importants d'une consommation pour réduire au mieux les risques.

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La pharmacologie

Le AL-LAD (6-allyl-6-nor-LSD) est un lysergamide, c’est-à-dire un proche cousin structurel du LSD. La seule différence tient au groupement porté par l’azote N₆ de la molécule : un groupe allyle chez l’AL-LAD là où le LSD porte un simple méthyle. Cette petite retouche suffit à modifier légèrement le profil d’effets sans changer la famille pharmacologique : on reste sur un phénomène psychédélique « classique », porté par la sérotonine.

Profil pharmacologique

CID 15227511 · CHEMBL281787 · CAS 65527-61-9

AL-LAD — structure 2D (CID 15227511)
6-allyl-6-nor-LSD

Mode d’action Agoniste des récepteurs à la sérotonine, principalement le 5-HT2A.

Formule chimique C₂₂H₂₇N₃O
Poids moléculaire 349.48g/mol
Demi-vie ⚠ n.d.
LogP 3.46
H-donneurs 1
H-accepteurs 2
Métabolisation Peu documentée ⚠

Mécanisme d’action

Comme le LSD, l’AL-LAD agit en se fixant sur les récepteurs sérotoninergiques du cerveau, qu’il vient activer (il en est un agoniste). Il ne libère pas de neurotransmetteur à la manière d’un stimulant : il imite directement l’action de la sérotonine sur ses cibles. La cible-clé, partagée par tous les psychédéliques « classiques », est le récepteur 5-HT2A Sous-type de récepteur à la sérotonine dont l’activation est considérée comme responsable des effets perceptifs (visuels, modification de la pensée) des psychédéliques sérotoninergiques..


Les données spécifiques à l’AL-LAD chez l’humain restent rares. L’essentiel de ce qu’on sait provient d’études animales : dans des tests comportementaux, l’AL-LAD se substitue complètement au LSD chez des rats entraînés à le reconnaître, déclenche la « head-twitch response » (secousses de la tête, marqueur d’activation 5-HT2A) chez la souris et une hyperthermie chez le lapin (Brandt et al., 2017) Brandt, S. D., et al. (2017). Return of the lysergamides. Part II : Analytical and behavioural characterization of N6-allyl-6-norlysergic acid diethylamide (AL-LAD) and (2′S,4′S)-lysergic acid 2,4-dimethylazetidide (LSZ). Drug Testing and Analysis, 9(1), 38–50. DOI:10.1002/dta.1985.


Les récepteurs impliqués

Récepteur 5-HT2A Sérotonine · cible principale

L’interrupteur de l’expérience psychédélique. Son activation est à l’origine des modifications visuelles, de la déformation de la perception et de la façon dont les pensées se réorganisent. C’est la signature commune à tous les psychédéliques sérotoninergiques.

Visuels · Perception · Cognition
Récepteur 5-HT1A Sérotonine · modulation

Récepteur « modulateur » que les lysergamides activent aussi. Il contribuerait à colorer la tonalité émotionnelle de l’expérience et à la dimension plus corporelle/introspective, et participe à nuancer l’intensité brute du 5-HT2A.

Émotion · Tonalité · Modulation
Récepteurs dopaminergiques D₁ · D₂ · secondaire

Comme le LSD, l’AL-LAD présente une activité sur les récepteurs à la dopamine, plus accessoire. Elle pourrait participer à la légère composante stimulante et au côté « énergique » que rapportent certains usagers, sans en faire une drogue au fort potentiel de récompense.

Stimulation · Éveil

Au-delà des récepteurs principaux

Le profil de l’AL-LAD ne se résume pas à ces trois cibles. Quelques nuances utiles à garder en tête, en se rappelant qu’il s’agit d’une substance encore peu étudiée.

Récepteur 5-HT2C

Autre sous-type sérotoninergique activé par les lysergamides. Il intervient dans la régulation de l’humeur, de l’appétit et de l’anxiété, et fait partie des cibles qui modulent la texture générale de l’expérience.

Comparaison avec le LSD

Chez l’animal, l’AL-LAD s’est montré — selon les modèles — d’une puissance proche de celle du LSD. Les usagers le décrivent souvent comme plus visuel, légèrement moins introspectif et moins anxiogène, pour une durée un peu plus courte.

Effet du groupe allyle

Le remplacement du méthyle du LSD par un groupe allyle au niveau de l’azote N₆ suffit à décaler le profil pharmacologique et perceptif. C’est un bel exemple de la façon dont une modification chimique minime modifie le ressenti.

Données limitées ⚠

Pharmacocinétique humaine, métabolisme et toxicité à long terme de l’AL-LAD sont très peu documentés. Les valeurs et mécanismes présentés ici sont indicatifs et largement extrapolés de ce que l’on connaît du LSD : la prudence reste de mise.

L'addictivité

Un potentiel addictif très faible

Comme les autres lysergamides et la plupart des psychédéliques sérotoninergiques, l’AL-LAD est considéré comme non ou très peu addictif. Il n’entraîne pas le circuit de la récompense de manière comparable aux stimulants, et une tolérance s’installe très vite : répéter la prise à court intervalle réduit fortement les effets, ce qui décourage naturellement l’usage rapproché. Le risque n’est pas nul pour autant — l’addiction dépend aussi de facteurs individuels et de contexte — mais il reste, ici, marginal. Faute de données spécifiques à l’AL-LAD, la prudence demeure de mise.

Évaluez vos consos avec le DUDIT !

Le Drug Use Disorder Identification Test Le questionnaire que vous pouvez utiliser sur cette page est réadapté du questionnaire DUDIT, utilisé par de nombreux professionnels de santé en addictologie. Hildebrand, M. (2015). The psychometric properties of the drug use disorders identification test (DUDIT): a review of recent research. Journal of substance abuse treatment, 53, 52-59.
DOI:10.1016/j.jsat.2015.01.008
, ou DUDIT, est un test que vous pouvez faire si vous avez un doute sur votre consommation. Seul.e vous pourrez voir le résultat.

Le questionnaire s'affiche une question à la fois. Répondez à la question actuelle pour passer à la suivante.

Les risques sur la santé

Un risque surtout psychologique

Comme pour tous les psychédéliques, le principal risque de l’AL-LAD n’est pas physiologique mais psychologique. Une expérience difficile — communément appelée « bad trip » — peut survenir : angoisse intense, sentiment de perte de contrôle, pensées envahissantes. Le set & setting (ton état d’esprit et l’environnement) joue ici un rôle déterminant : pour un premier usage, on privilégie un dosage léger à modéré, un lieu rassurant et une personne sobre de confiance.

Le manque de données comme risque à part entière

L’AL-LAD est un produit de synthèse récent : il manque encore des données scientifiques sur ses effets à court, moyen et long terme, et sur les interactions à éviter. Cette incertitude est elle-même un risque — on ne peut pas s’appuyer sur un recul solide. Deux points de vigilance généraux aux lysergamides :

  • Les psychédéliques sérotoninergiques sont déconseillés en cas d’antécédents personnels ou familiaux de troubles psychotiques (schizophrénie, troubles bipolaires), qu’ils peuvent déstabiliser.
  • La pureté réelle et l’identité du produit vendu sont incertaines : l’analyse en laboratoire (analyse ton prod !) reste la meilleure précaution, d’autant que les lysergamides sont actifs à l’échelle du microgramme.

Les mélanges

Combiner l’AL-LAD : prudence

Les données d’interaction propres à l’AL-LAD sont quasi inexistantes. Par sécurité, on raisonne par analogie avec le LSD et les autres lysergamides. Quelques repères généraux, à confronter à notre dossier mélanges avant tout usage :

  • Stimulants (cocaïne, amphétamines, MDMA) : majorent l’anxiété, la tension cardiovasculaire et le risque de bad trip. Combinaison à éviter ou à réserver à des usagers averti·e·s, à doses très modérées.
  • Antidépresseurs et lithium : le lithium (et, dans une moindre mesure, les tricycliques) associé aux lysergamides est réputé augmenter le risque de crises convulsives. À éviter. Les ISRS tendent plutôt à atténuer les effets.
  • Cannabis : peut intensifier et rendre l’expérience plus imprévisible, surtout à forte dose ou en fin de trip.
  • Tramadol et autres abaisseurs du seuil épileptogène : prudence accrue.

En l’absence de données solides, le plus sûr reste de ne pas mélanger.

Histoire et culture

Un analogue né au laboratoire

L’AL-LAD a été synthétisé et étudié pour la première fois au milieu des années 1980 par Andrew J. Hoffman et David E. Nichols, dans le cadre d’une série d’analogues du LSD modifiés sur l’azote N₆ — série qui comprenait aussi l’ETH-LAD et le PRO-LAD (Hoffman & Nichols, 1985) Hoffman, A. J., & Nichols, D. E. (1985). Synthesis and LSD-like discriminative stimulus properties in a series of N(6)-alkyl norlysergic acid N,N-diethylamide derivatives. Journal of Medicinal Chemistry, 28(9), 1252–1255. DOI:10.1021/jm00147a022. Son activité chez l’humain a ensuite été documentée par Alexander Shulgin dans son livre TiHKAL (« Tryptamines I Have Known and Loved »), où il le décrit comme l’un des composés très puissants d’une vaste série d’analogues du nor-LSD.

Du « Aladdin » au marché gris

À partir de 2013, l’AL-LAD — parfois surnommé « Aladdin » — apparaît sur le marché des research chemicals. Il y est commercialisé, au côté d’autres lysergamides comme le 1P-LSD, l’ALD-52 ou l’ETH-LAD, en tant qu’« alternative légale » au LSD sur ce marché gris. Ce statut a évolué depuis : en France, l’AL-LAD est aujourd’hui classé comme stupéfiant.

Au-delà de son histoire de molécule de laboratoire, l’AL-LAD illustre bien la logique des NPS (nouveaux produits de synthèse) : de petites variations chimiques sur une molécule connue, créées pour explorer la pharmacologie… ou pour contourner temporairement les classements légaux.

Bibliographie

  • Brandt, S. D., Kavanagh, P. V., Westphal, F., Elliott, S. P., Wallach, J., Colestock, T., Burrow, T. E., Chapman, S. J., Stratford, A., Nichols, D. E., & Halberstadt, A. L. (2017). Return of the lysergamides. Part II : Analytical and behavioural characterization of N6-allyl-6-norlysergic acid diethylamide (AL-LAD) and (2′S,4′S)-lysergic acid 2,4-dimethylazetidide (LSZ). Drug Testing and Analysis, 9(1), 38–50. DOI:10.1002/dta.1985
  • Hoffman, A. J., & Nichols, D. E. (1985). Synthesis and LSD-like discriminative stimulus properties in a series of N(6)-alkyl norlysergic acid N,N-diethylamide derivatives. Journal of Medicinal Chemistry, 28(9), 1252–1255. DOI:10.1021/jm00147a022
  • Hirschfeld, T., Smit-Rigter, L., van der Gouwe, D., Reiche, S., Stöver, H., & Majić, T. (2021). Safer tripping : serotonergic psychedelics and drug checking. Submission and detection rates, potential harms, and challenges for drug analysis. Current Addiction Reports, 8, 389–398. DOI:10.1007/s40429-021-00385-5
  • Shulgin, A., & Shulgin, A. (1997). TiHKAL : The Continuation. Transform Press, Berkeley.
  • PsychonautWiki. AL-LAD. psychonautwiki.org/wiki/AL-LAD