01 NPS Psychédélique

4-Hydroxy-N-methyl-N-ethyltryptamine

La 4-HO-MET, ou métocine, est une tryptamine psychédélique de synthèse.

Psychotrope illégal
Arrêté du 22 février 1990 fixant la liste des substances classées comme stupéfiants · Annexe III

Les effets

La 4-HO-MET (ou métocine) est une tryptamine psychédélique de synthèse, analogue N-méthyl-N-éthyl de la psilocine — le principe actif des champignons à psilocybine. Les usager·es la décrivent souvent comme une version plus récréative et plus visuelle des champis : effets géométriques vifs et colorés, distorsion du temps, introspection accrue, et possibilité de dissolution de l’ego. Son headspace est réputé plus léger et plus lucide, ce qui ne signifie pas qu’elle soit anodine : confusion, charge physique (tensions musculaires, montée du rythme cardiaque) et bad trips restent possibles. Le profil d’effets varie fortement d’une personne et d’un lot à l’autre.

Les visuels sont fous et colorés, bien plus beaux que ceux des champis. La montée est très rapide, vingt minutes environ, et l’expérience reste claire — moins sérieuse que les champignons, presque plus proche d’une DMT orale par moments.

Compte-rendu d’usager·e traduit et condensé — forums RC

Les dosages

Dosages indicatifs

Dosages (par voie)

Effets Oral
Légers 5 - 10 mg
Moyens 10 - 15 mg
Forts 15 - 20 mg
Très forts 20 + mg

Valeurs indicatives — dépendant de la pureté, tolérance et méthode d'administration.

Durée / Phases

Phases Oral
Début 0.5 - 1.5 h
Effets principaux 2 - 3 h
Descente 1 - 1.5 h
Effets résiduels 2 - 12 h

Durées approximatives — sujettes à variation suivant la dose, voie et métabolisme individuel.

Calculateurs de dose et dosage recommandé.

La 4-HO-MET est une substance dont la pureté peut varier. Il n'existe pas de "dosage recommandé" sûr sans qu'une analyse n'ait été réalisée par un labo compétent, et sans que vous sachiez correctement doser votre produit. Renseignez-vous sur les différents aspects importants d'une consommation pour réduire au mieux les risques.

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Recommandations

La dose active de la 4-HO-MET varie beaucoup d’une personne à l’autre : neurochimie, métabolisme, mais aussi forme du sel (chlorhydrate vs. fumarate) jouent sur la masse réellement active. Une même pesée ne contient donc pas la même quantité de molécule selon le sel — raison de plus pour commencer bas et réévaluer. On vise idéalement la fourchette basse pour une première prise (5 à 10 mg), en gardant à l’esprit qu’au-delà de 20 mg les effets indésirables physiques (tensions musculaires, coups de chaleur, tachycardie) deviennent nettement plus fréquents.

Pèse toujours ta dose avec une balance de précision (0,001 g) — l’estimation à l’œil sur des quantités de cet ordre est une source classique de surdose. Pas de redose à l’aveugle : la montée peut être lente et pousser à reprendre trop tôt. Pour aller plus loin sur le pesage et le fractionnement des doses, voir notre page doser pour pas surdoser.

La pharmacologie

Profil pharmacologique

CID 44457681 · non répertorié DrugBank

4-HO-MET — structure 2D (CID 44457681)
4-hydroxy-N-méthyl-N-éthyltryptamine

Mode d'action Agoniste des récepteurs sérotoninergiques 5-HT₂A, 5-HT₁A et 5-HT₂C ; analogue N-méthyl-N-éthyl de la psilocine.

Formule chimique C₁₃H₁₈N₂O
Poids moléculaire 218.30g/mol
Demi-vie peu documentée
LogP 1.6
H-donneurs 2
H-accepteurs 3
Métabolisation MAO-A · glucuronoconjugaison (extrapolé de la psilocine)

Mécanisme d'action

Comme les psychédéliques classiques, la 4-HO-MET produit ses effets principalement en activant le récepteur sérotoninergique 5-HT2A, fortement exprimé dans le cortex et impliqué dans le traitement sensoriel, la cognition et la neuroplasticité. L’activation de ce récepteur, couplé aux protéines Gq/11, augmente la transmission glutamatergique et modifie les oscillations neuronales — c’est le socle commun des distorsions perceptives aiguës et des effets sur l’humeur.


Mais l’agonisme 5-HT2A ne fait pas tout : d’après une caractérisation pharmacologique récente Kozell, L. B., et al. (2023).
Pharmacologic activity of substituted tryptamines at 5-HT2A, 5-HT2C, 5-HT1A and the serotonin transporter. J Pharmacol Exp Ther, 385(1), 62-75.
DOI: 10.1124/jpet.122.001454
, la métocine présente une polypharmacologie. Elle agonise aussi les récepteurs 5-HT2C et 5-HT1A, et — contrairement au LSD ou à la mescaline — elle inhibe de façon notable la recapture de la sérotonine (transporteur SERT), un trait qu’elle partage avec la MDMA. C’est cette double action sérotoninergique qui distingue son profil de celui d’une psilocine « pure » et qui sous-tend une partie de ses effets indésirables.


Les deux versants de l’action sérotoninergique

Récepteurs 5-HT 5-HT₂ₐ · 5-HT₂c · 5-HT₁ₐ

C’est le mécanisme central. L’agonisme du 5-HT2A déclenche l’expérience psychédélique : visuels géométriques, distorsion du temps, pensée latérale. L’affinité rapportée varie selon les études (Ki ~46 à 177 nM) et l’efficacité suggère un agonisme parfois partiel.

Visuels · Cognition · Introspection
Recapture sérotonine SERT

La métocine fait partie des tryptamines qui agissent le plus sur la recapture de la sérotonine (IC50 SERT ~830 à 9000 nM selon les essais). Elle ne libère pas massivement les monoamines comme un empathogène, mais cette inhibition expliquerait une partie des effets secondaires (spasmes, brain zaps, dérégulation thermique) et impose la prudence en mélange.

Effets physiques · Risque syndrome séro

Au-delà du système sérotoninergique

Les données proviennent surtout de tests in vitro sur récepteurs humains et de modèles murins ; les valeurs sont indicatives et varient selon les protocoles. Ces cibles secondaires modulent et colorent l’expérience.

Récepteur 5-HT₂B

Les données sont contradictoires (forte vs. faible activation selon les études). Ce récepteur est un point de vigilance : son activation chronique est associée à des valvulopathies cardiaques. Des travaux rapportent aussi un allongement de l’intervalle QT chez le rat (inhibition des canaux hERG), facteur de risque d’arythmie.

Transporteurs NET & DAT

L’affinité pour les transporteurs de la noradrénaline (NET) et de la dopamine (DAT) est faible (DAT Ki > 26 000 nM). La métocine n’est donc pas un stimulant : son action quasi nulle sur la dopamine explique en partie son très faible potentiel addictif.

Autres cibles

Des affinités faibles ont été identifiées sur H1 (Ki ~483 nM, possible sédation), α2A, D2/D3 (~4000-6700 nM) et TAAR1. Aucune affinité significative pour les récepteurs opioïdes, sigma ou NMDA n’est rapportée.

Données in vivo

Chez la souris (C57BL/6J), la métocine induit la head-twitch response (secousse de tête, marqueur d’activation 5-HT2A) avec une ED50 d’environ 0,18 mg/kg, confirmant une forte activité sérotoninergique comparable à d’autres tryptamines psychédéliques.

Durée des effets

Par voie orale, la montée est plutôt rapide (souvent 20 à 90 min), le plateau s’installe sur 2 à 3 heures, suivi d’une descente d’environ 1 à 1,5 heure. Des effets résiduels (visuels légers, fatigue, sensations physiques) peuvent persister plusieurs heures après. L’expérience complète tient généralement dans une demi-journée, mais la cinétique dépend de la dose, du sel et de l’estomac (à jeun, la montée est plus brutale).

La demi-vie plasmatique humaine est mal documentée : c’est un produit récent, peu étudié sur ce point (⚠). On sait surtout que la métocine est détectable via ses métabolites dans le sang après usage. Comme avec la plupart des psychédéliques, une tolérance s’installe vite : reprendre à quelques jours d’intervalle réduit nettement les effets, ce qui limite spontanément les usages très rapprochés.

L'addictivité

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Le Drug Use Disorder Identification Test Le questionnaire que vous pouvez utiliser sur cette page est réadapté du questionnaire DUDIT, utilisé par de nombreux professionnels de santé en addictologie. Hildebrand, M. (2015). The psychometric properties of the drug use disorders identification test (DUDIT): a review of recent research. Journal of substance abuse treatment, 53, 52-59.
DOI:10.1016/j.jsat.2015.01.008
, ou DUDIT, est un test que vous pouvez faire si vous avez un doute sur votre consommation. Seul.e vous pourrez voir le résultat.

Le questionnaire s'affiche une question à la fois. Répondez à la question actuelle pour passer à la suivante.

Les risques sur la santé

Risques immédiats

Le risque principal de la 4-HO-MET est d’ordre psychologique : un bad trip (angoisse, confusion, perte de repères) est toujours possible, et des cas de psychose aiguë ont été décrits à forte dose. C’est pourquoi le set & setting est central avec ce type de substance.

Sur le plan physique, la métocine est plus « chargée » que la psilocine : tachycardie, palpitations et rythme cardiaque irrégulier sont fréquemment rapportés, parfois jusqu’en fin de trip et au-delà. S’y ajoutent des tensions et spasmes musculaires, des coups de chaleur avec transpiration et bouffées vasomotrices, des nausées et de l’anxiété. Ces effets s’intensifient nettement au-dessus de 20 mg. En cas de douleur thoracique persistante, de malaise ou d’état de panique ingérable, il ne faut pas hésiter à demander de l’aide médicale sans mentir sur le produit pris.

Risques à long terme

Les données à long terme sont quasi inexistantes : la 4-HO-MET est un produit de synthèse récent, sans suivi clinique. Cette incertitude est en soi un risque non-négligeable.

Sur la base de sa pharmacologie, deux points de vigilance ressortent. D’abord son action sur le récepteur 5-HT2B : une stimulation chronique de ce récepteur est associée à des atteintes des valves cardiaques même si peu probable lors d’usages très espacés, mais à garder en tête en cas de prises répétées. Ensuite, comme avec tous les psychédéliques sérotoninergiques, des troubles perceptifs persistants (type HPPD) restent possibles chez certaines personnes. À l’inverse, la métocine ne provoque pas de libération massive de monoamines, ce qui réduit théoriquement le risque de neurotoxicité sérotoninergique classique.

Les mélanges

Interactions dangereuses

Parce qu’elle inhibe elle-même la recapture de la sérotonine, la 4-HO-MET pourrait présenter un risque de synergie sérotoninergique avec d’autres substances. L’association avec des substances qui libèrent ou bloquent la recapture de la sérotonine — tramadol, MDMA, speed, cathinones (3-MMC, 4-MMC), IMAO, aMT, DXM, 2C-B-Fly… — peut déclencher un syndrome sérotoninergique.

Vasoconstricteurs et stimulants : à éviter, car la métocine perturbe déjà la régulation thermique et vasculaire — le combo aggrave coups de chaleur, tensions et anomalies cardiaques. Autres hallucinogènes : mélanger des psychédéliques augmente fortement le risque de bad trip ; revoir chaque dose à la baisse. Cannabis : il favorise tachycardie, anxiété et perte de contrôle sur les pensées — un facteur classique de bad trip avec les hallucinogènes.

Histoire et culture

Contexte historique

La 4-HO-MET a été explorée par Alexander Shulgin, qui la décrit dans son livre TiHKAL (« Tryptamines I Have Known and Loved », 1997) ; elle avait été décrite pour la première fois dans la littérature par Repke et ses collègues en 1981.

Les premiers comptes-rendus d’usage humain apparaissent à la fin des années 2000, avec son arrivée sur le marché en ligne des research chemicals. Elle y a été vendue aux côtés d’autres analogues de la psilocybine comme la 4-AcO-DMT et la 4-HO-MiPT, sous les noms de métocine ou methylcybin. En France, elle est aujourd’hui classée comme stupéfiant.

Impact culturel

La 4-HO-MET est emblématique de la vague des RC des années 2010 : une molécule « de niche », documentée presque entièrement par la communauté plutôt que par la recherche académique. Sa réputation s’est construite sur les forums (Erowid, PsychonautWiki, Psychonaut.fr), où elle est souvent présentée comme une psilocine « plus visuelle et plus récréative » — une sorte de champignon de synthèse.

Elle apparaît aussi comme composant du Borax combo, un assemblage avec la 5-MeO-MiPT visant à imiter les effets de la MDMA. Cet usage communautaire illustre bien l’enjeu de la RdR sur les NPS : faute d’études solides, le savoir disponible repose en grande partie sur des témoignages — précieux, mais qu’il faut croiser avec prudence.

La métocine semble avoir gagné en popularité très récemment, reconnue comme analogue des champignons magiques et achetée plus facilement en ligne que bien d'autres drogues.

Bibliographie

Sources et références

  • Kjellgren, A., & Soussan, C. (2011). Heaven and Hell — A Phenomenological Study of Recreational Use of 4-HO-MET in Sweden. Journal of Psychoactive Drugs, 43(3), 211-219.
    DOI: 10.1080/02791072.2011.605699
  • Täljemark, J., & Johansson, B. A. (2012). Drug-induced acute psychosis in an adolescent first-time user of 4-HO-MET. European Child & Adolescent Psychiatry, 21, 527-528.
    DOI: 10.1007/s00787-012-0282-9
  • Shulgin, A., & Shulgin, A. (1997). TiHKAL: The Continuation (Tryptamines I Have Known and Loved). Transform Press.

Études scientifiques

  • Kozell, L. B., et al. (2023). Pharmacologic activity of substituted tryptamines at 5-HT2A, 5-HT2C, 5-HT1A receptors and the serotonin transporter. Journal of Pharmacology and Experimental Therapeutics, 385(1), 62-75.
    DOI: 10.1124/jpet.122.001454
  • Klein, A. K., et al. (2021). Investigation of the structure-activity relationships of psilocybin analogues. ACS Pharmacology & Translational Science, 4(2), 533-542.
    DOI: 10.1021/acsptsci.0c00176