03 Empathogène · Entactogène

3,4-Méthylènedioxyméthamphétamine

La MDMA est un psychotrope de la famille des phénéthylamines, agissant principalement sur la sérotonine, la dopamine et la noradrénaline.

Psychotrope illégal
Arrêté du 22 février 1990 fixant la liste des substances classées comme stupéfiants · Annexe III

Les effets

Avec des effets similaires à ceux des stimulants et des psychédéliques, il est difficile de classer la MDMA dans l’une ou l’autre de ces catégories. C’est une drogue entactogène, empathogène, stimulante et euphorisante.

"Je me souviens avoir conduit mon vélo la nuit dans ma ville avec ma femme derrière moi et de la musique, quelle sensation x3. Mais franchement, les discussions à cœur ouvert que l'on peut avoir avec cette drogue sont l'une de mes choses préférées : le genre de discussion avec un ami à 3 heures du matin, sur un balcon, en fumant et en se détendant. J'ai vu des gens s'ouvrir complètement comme ils ne l'avaient jamais fait, j'ai vu certains de mes proches craquer et déterrer des traumatismes difficiles avec ce sentiment de bonheur juste après. J'ai vu des gens tomber amoureux à nouveau, faire la paix l'un avec l'autre."

u/brikbrique Reddit

Descente (lendemain)

Quelques conseils pour réduire les risques

Il est important de rester hydraté, surtout dans un contexte de fête et de dépense physique, pour éviter l'hyperthermie. Cependant, il faut aussi être attentif au fait de ne pas trop boire puisque cela peut causer une hyponatrémie (intoxication à l'eau). Il est aussi conseillé de laisser le corps "recharger les batteries" et de ne pas consommer de la MDMA toutes les semaines, encore moins quotidiennement. Une tolérance s'installe rapidement et les effets négatifs s'accumulent. Un minimum de 2 à 4 semaines est souvent recommandé entre chaque prise.

Les dosages

Le dosage ne peut être augmenté sans limite, puisqu’aux alentours de 120 mg les effets deviennent de moins en moins agréables et les effets secondaires négatifs augmentent en parallèle.

Dosages indicatifs

Dosages par voie

Effets Oral
Légers 20 – 80 mg
Moyens 80 – 120 mg
Forts 120 – 160 mg
Très forts 160+ mg

Valeurs indicatives — dépendant de la pureté, tolérance et méthode d'administration.

Durée / Phases

Phase Oral
Début 0.5 – 1 h
Effets principaux 1.5 – 2.5 h
Descente 1 – 1.5 h
Effets résiduels 12 – 48 h

Durées approximatives — sujettes à variation selon la dose, voie et métabolisme individuel.

Relation dose-effet

La probabilité d'effets désirables culmine entre 81 et 100 mg (P = 0,88), puis décroît progressivement. À l'inverse, les effets indésirables restent faibles jusqu'à 120 mg avant d'augmenter exponentiellement au-delà de 160 mg.

P(effet) = probabilité d'occurrence de l'effet pour chaque tranche de dose.


  • Brunt T. M. et al. (2011). Linking the pharmacological content of ecstasy tablets to the subjective experiences of drug users. Psychopharmacology, 220(4), 751–762. DOI:10.1007/s00213-011-2529-4

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La MDMA est une substance illégale dont la pureté peut varier considérablement. Il est important de connaître la puissance de votre produit pour adapter votre consommation.

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La pharmacologie

On parle de MDMA principalement lorsque la drogue est sous forme de cristal. En comprimés, on dit plutôt ecstasy — la différence vient surtout du fait que ceux-ci ont longtemps été composés de plusieurs produits différents. De nos jours, les "taz" sont généralement beaucoup plus homogènes.

Profil pharmacologique

CID 1615 · DB01454

MDMA — structure 2D (CID 1615)
3,4-méthylènedioxyméthamphétamine

Mode d'action Libération de sérotonine, de noradrénaline et de dopamine.

Formule chimique C₁₁H₁₅NO₂
Poids moléculaire 193.24g/mol
Demi-vie 6–10h
LogP 2.15
H-donneurs 1
H-accepteurs 3
Métabolisation CYP2D6 · CYP3A4 · COMT

Mécanisme d'action

D'après une revue récente de la littérature Drevin, G., et al. (2024).
Pharmacogenomics of 3,4-methylenedioxymethamphetamine (MDMA): a narrative review of the literature. Pharmaceutics, 16(8), 1091.
DOI: 10.3390/pharmaceutics16081091
, la MDMA agit principalement en forçant la libération massive de trois neurotransmetteurs et en bloquant leur recapture. Concrètement, elle inonde le cerveau de messagers chimiques qui produisent, chacun à leur façon, les effets ressentis.


Les trois neurotransmetteurs-clés

Sérotonine 5-HT

Responsable de l'euphorie, de l'empathie et de la connexion émotionnelle. C'est la libération massive de sérotonine qui donne à la MDMA son caractère unique. C'est aussi cette vidange qui explique la "descente" et la fatigue des jours suivants.

Empathie · Euphorie · Humeur
Noradrénaline NE

Le "mode alerte" du corps. Accélère le cœur, dilate les pupilles, augmente la température corporelle et procure cette sensation d'énergie stimulante. Aussi responsable de la crispation de la mâchoire.

Énergie · Éveil · Stimulation physique
Dopamine DA

Le circuit de la récompense et du plaisir. Libérée en quantité modérée par la MDMA (bien moins qu'avec la cocaïne ou les amphétamines classiques), elle contribue au sentiment de bien-être sans créer un rush addictif aussi puissant.

Plaisir · Récompense · Motivation

Au-delà des principaux neurotransmetteurs impliqués

La MDMA ne se limite pas à ces trois neurotransmetteurs. Elle interagit aussi avec d'autres systèmes qui modulent et colorent l'expérience.

Ocytocine

Stimule la libération d'ocytocine par l'hypothalamus. C'est l'hormone du lien social — elle renforce les sentiments de proximité, de confiance et d'empathie, et explique en grande partie pourquoi on a envie de serrer tout le monde dans ses bras.

Récepteurs sérotoninergiques

En plus de libérer la sérotonine, la MDMA agit directement sur certains de ses récepteurs (5-HT1A, 5-HT1B, 5-HT2A). Le 5-HT2A est aussi la cible des psychédéliques — ce qui explique les légers effets visuels que certains ressentent à forte dose.

MAO & TPH

La MDMA inhibe la monoamine oxydase (MAO), une enzyme qui dégrade normalement la sérotonine. Elle bloque aussi la tryptophane hydroxylase (TPH), enzyme nécessaire à la fabrication de sérotonine. Résultat : inondation à court terme, mais appauvrissement des stocks à moyen terme.

Autres récepteurs

Des actions sur les récepteurs muscariniques (M1), histaminiques (H1), adrénergiques (α et β), cholinergiques, glutamatergiques et GABAergiques ont été décrites. Ils contribuent aux effets secondaires et à la variabilité de l'expérience d'une personne à l'autre.

L'addictivité

Potentiel addictif

Le potentiel addictif de la MDMA est relativement faible. Il est difficile de répéter la consommation à intervalle proche du fait de la tolérance rapide et du temps nécessaire pour que le corps « recharge les batteries ». Mais le risque n’est pas nul et augmente avec la consommation régulière de doses élevées. Il est important de rappeler ici que l’addiction est un ensemble de facteurs biologiques, environnementaux et propres à la drogue consommée. Des personnes peuvent consommer de la MDMA régulièrement mais être surtout attachées aux soirées vécues plutôt qu’à la drogue.

"Les effets de la MDMA sur les systèmes sérotoninergiques et dopaminergiques dépendent également de la dose. À faibles doses (< 3 mg/kg), la MDMA stimule la libération de sérotonine et peu ou pas de dopamine, alors qu’à fortes doses (≥ 3 mg/kg), la MDMA stimule à la fois la libération de sérotonine et de dopamine. Conformément à ces résultats, nous avons détecté des comportements liés à la dépendance induits par la MDMA à des doses élevées qui sont en corrélation avec une libération substantielle de dopamine. […]

Nos résultats suggèrent que l’utilisation thérapeutique de la MDMA à des doses inférieures à 3 mg/kg est moins susceptible de produire des effets cognitifs indésirables importants. Si les psychostimulants présentent un potentiel de dépendance et de toxicité à fortes doses, ils sont des stimulants cognitifs efficaces et sûrs qui sont prescrits à faibles doses pendant de longues périodes. De même, la MDMA s’avère prometteuse en tant que psychothérapeutique, et de faibles doses semblent présenter peu de risques de troubles de la mémoire, d’accoutumance ou d’humeur dépressive. Il est important de noter que le seuil de dose pour les troubles de la mémoire et la dépendance (3 mg/kg de MDMA) est proche des doses utilisées dans les études cliniques récentes (environ 1 à 2 mg/kg de MDMA), ce qui peut limiter la viabilité thérapeutique."

  • Pantoni, M. M., et al. (2022). MDMA and memory, addiction, and depression: dose-effect analysis. Psychopharmacology, 239(3), 935–949. DOI:10.1007/s00213-022-06086-9

Évaluez vos consommations — DUDIT

Le Drug Use Disorder Identification Test Ce questionnaire est réadapté du DUDIT, utilisé par de nombreux professionnels de santé en addictologie. Hildebrand, M. (2015). The psychometric properties of the drug use disorders identification test (DUDIT): a review of recent research. Journal of substance abuse treatment, 53, 52-59. DOI:10.1016/j.jsat.2015.01.008, ou DUDIT, est un test que vous pouvez faire si vous avez un doute sur votre consommation. Seul·e vous pourrez voir le résultat.

Le questionnaire s'affiche une question à la fois. Répondez à la question actuelle pour passer à la suivante.

Les risques sur la santé

Quelle différence avec les effets immédiats ?

L'usage de drogues comporte des effets qui sont plus ou moins directement reliés à la consommation. Mais d'autres effets peuvent survenir avec le temps, à force d'usage répété ou suite à un évènement bien particulier.

Risques cardiovasculaires

La MDMA augmente la fréquence cardiaque et la pression artérielle via la libération massive de noradrénaline. Chez les personnes prédisposées (anomalies cardiaques non diagnostiquées, hypertension), cela peut provoquer des arythmies, une crise hypertensive ou — dans de rares cas — un infarctus. Le mélange avec d'autres stimulants (cocaïne, amphétamines) multiplie considérablement ces risques.

Risques psychologiques

La "descente" (comedown) survient généralement 1 à 3 jours après la prise et se manifeste par une baisse d'humeur, de l'irritabilité, de l'anxiété et des troubles du sommeil. Ce phénomène est directement lié à l'épuisement temporaire des réserves de sérotonine. Chez les personnes vulnérables ou en cas d'usage fréquent, cela peut favoriser l'apparition d'épisodes dépressifs ou anxieux plus persistants.

Syndrome sérotoninergique

Le syndrome sérotoninergique est une urgence médicale causée par un excès de sérotonine dans le cerveau. Il survient principalement lors du mélange de MDMA avec des médicaments qui augmentent également la sérotonine : IMAO (inhibiteurs de la monoamine oxydase), ISRS (antidépresseurs type Prozac, Zoloft), ou d'autres drogues sérotoninergiques. Les symptômes incluent agitation, tremblements, hyperthermie, rigidité musculaire, et dans les cas graves, convulsions et défaillance d'organes. Le mélange MDMA + IMAO peut être fatal.

Risques liés au contexte

En contexte festif (clubs, festivals), plusieurs facteurs aggravent les risques : la chaleur ambiante, l'effort physique prolongé (danse), la déshydratation, et l'absence de périodes de repos. L'hyperthermie (température corporelle > 40 °C) est la cause principale de décès liés à la MDMA. À l'inverse, boire trop d'eau sans compenser en sels minéraux peut provoquer une hyponatrémie (intoxication à l'eau), potentiellement fatale. Il est recommandé de boire régulièrement de petites quantités, de faire des pauses, et de chercher des espaces plus frais.

Neurotoxicité de la MDMA

Comme avec d'autres drogues, la MDMA est pointée du doigt pour la neurotoxicité qu'elle induirait. C'est dû notamment au fait que sa structure moléculaire est très proche de celle de la méthamphétamine, et que cette dernière a été étudiée à ce sujet. Cependant les études utilisant des rats de laboratoire ont recours à des dosages très élevés À ce jour, aucune preuve concluante de lésions neurotoxiques sérotoninergiques et/ou dopaminergiques durables n'a été mise en évidence chez les consommateurs de MDMA. Costa G, Gołembiowska K. (2022). Neurotoxicity of MDMA: Main effects and mechanisms. Experimental Neurology 347. DOI: 10.1016/j.expneurol.2021.113894, et assez éloignés de la réalité des consommateurs humains.

Les mélanges

Interactions dangereuses

Mélanger deux stimulants (MDMA + cocaïne ou amphétamines) augmente considérablement les risques cardiovasculaires et de neurotoxicité. Mélanger avec des antidépresseurs ISRS annule les effets, tandis que le mélange avec des IMAO est potentiellement fatal.

Tous les mélanges ne présentent pas les mêmes risques. Voyez plus en détail dans le bloc qui suit.

Vérifiez vos mixtures

Utilisez notre simulateur pour vérifier les interactions entre la MDMA et d'autres substances. Un lien vers Mixtures.info est proposé à chaque simulation.

MDMA mélangée avec :

Les informations proviennent du travail de l'équipe de Mixtures.info.

Culture, histoire & récits

Origines de la MDMA

La MDMA a une longue histoire derrière elle, notamment en termes d’auto-expérimentation chez de nombreux scientifiques et autres universitaires curieux et convaincus du potentiel thérapeutique de cette molécule. a écrit un article sur le redécouvreur de la MDMA qui a beaucoup expérimenté avec, .

Potentiel thérapeutique

Cela fait de nombreuses années que la MDMA est étudiée comme psychotrope pouvant aider de nombreuses personnes à gérer des troubles de stress post-traumatique Mitchell, J. M., et al. (2021).
MDMA-assisted therapy for severe PTSD: a randomized, double-blind, placebo-controlled phase 3 study. Nature medicine, 27(6), 1025-1033.
DOI: 10.1038/s41591-021-01336-3
Sessa, B., et al. (2019).
A review of 3, 4-methylenedioxymethamphetamine (MDMA)-assisted psychotherapy. Frontiers in psychiatry, 138.
DOI: 10.3389/fpsyt.2019.00138
ou des troubles anxieux Lear, M. K., et al. (2023).
Social anxiety and MDMA-assisted therapy investigation: a novel clinical trial protocol. Frontiers in psychiatry, 14, 1083354.
DOI: 10.3389/fpsyt.2023.1083354
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Bibliographie

Sources et références

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    DOI: 10.1007/s00213-011-2529-4
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  • Hildebrand, M. (2015). The psychometric properties of the drug use disorders identification test (DUDIT): a review of recent research. Journal of Substance Abuse Treatment, 53, 52–59.
    DOI: 10.1016/j.jsat.2015.01.008
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    DOI: 10.1016/j.expneurol.2021.113894
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  • Lear, M. K., et al. (2023). Social anxiety and MDMA-assisted therapy investigation: a novel clinical trial protocol. Frontiers in Psychiatry, 14, 1083354.
    DOI: 10.3389/fpsyt.2023.1083354

Études pour aller plus loin

  • Edland-Gryt, M., et al. (2017). From ecstasy to MDMA: Recreational drug use, symbolic boundaries, and drug trends. International Journal of Drug Policy, 50, 1-8.
    DOI: 10.1016.j.drugpo.2017.07.030
  • Harris, D. S., et al. (2002). Subjective and hormonal effects of 3, 4-methylenedioxymethamphetamine (MDMA) in humans. Psychopharmacology, 162(4), 396-405.
    DOI: 10.1007s00213-002-1131-1

Vidéos pour aller plus loin