35 NPS Dissociatif

3-MeO-2′-Oxo-PCiPr

Dissociatif de synthèse de la famille des arylcyclohexylamines, analogue structural du MXE.

Psychotrope illégal
Arrêté du 22 février 1990 fixant la liste des substances classées comme stupéfiants · Annexe III

Les effets

Le MXiPr est un dissociatif de la famille des arylcyclohexylamines. Les effets rapportés combinent dissociation corporelle et cognitive, euphorie, sédation variable, distorsions perceptives et altération importante de la coordination. Comme pour beaucoup de NPS, une part importante des informations disponibles repose sur des données d’usagers, des analogies pharmacologiques et quelques travaux analytiques : il faut donc présenter ces effets comme probables, non comme parfaitement établis.

Quelques conseils pour réduire les risques

Le MXiPr peut fortement altérer l’équilibre, l’orientation, la mémoire et le jugement. Les accidents surviennent souvent moins par toxicité directe que par chute, conduite, noyade, sexualité non consentie ou redosage dans un état déjà confus. Un environnement calme, assis ou allongé, sans obligation de déplacement, réduit une partie de ces risques.

Les voies injectées ou intramusculaires sont particulièrement risquées avec les NPS : incertitude sur la pureté, stérilité inconnue, montée rapide, redosage difficile à contrôler et signalements anecdotiques de convulsions à forte dose. Les produits doivent être analysés quand c’est possible, car les dissociatifs de synthèse peuvent être mal étiquetés ou confondus avec des analogues proches.

Les dosages

Les valeurs ci-dessous sont des repères issus de sources communautaires et de la page existante, pas des recommandations médicales. La marge d’erreur est importante avec les NPS : pureté inconnue, sels différents, tolérance croisée avec les autres dissociatifs et délai de montée pouvant pousser au redosage prématuré.

Dosages indicatifs

Dosages (par voie)

Effets Oral Nasal
Légers 5 - 20 mg 5 - 20 mg
Moyens 20 - 40 mg 20 - 40 mg
Forts 40 - 60 mg 40 - 60 mg
Très forts 60 + mg 60 + mg

Valeurs indicatives — dépendant de la pureté, tolérance et méthode d'administration.

Durée / Phases

Phases Oral Nasal
Début 1 h 2 - 5 min
Effets principaux 2 h 2 h
Descente 4 h 5 h
Effets résiduels 4 - 48 h 2 -12 h

Durées approximatives — sujettes à variation suivant la dose, voie et métabolisme individuel.

Calculateurs de dose

Le MXiPr est une substance dont la pureté peut varier. Il est important de connaître la puissance de votre produit pour adapter votre consommation.

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La pharmacologie

Le MXiPr, ou methoxisopropamine, est une arylcyclohexylamine apparentée à la méthoxétamine (MXE). Son nom chimique courant est 2-(isopropylamino)-2-(3-methoxyphenyl)cyclohexan-1-one. Les données humaines contrôlées sont quasi inexistantes : le profil pharmacologique doit donc être présenté avec prudence.

Profil pharmacologique

CID 163192824 · UNII KHM3GXB3S9 · CAS 2666932-55-2

MXiPr — structure 2D (CID 163192824)
2-(isopropylamino)-2-(3-méthoxyphényl)cyclohexan-1-one

Mode d’action principal Antagonisme des récepteurs NMDA probable / documenté in vitro pour MXiPr ; possible activité de type SRI par analogie avec la MXE, mais ce point reste moins solidement établi.

Formule chimiqueC₁₆H₂₃NO₂
Poids moléculaire261.36g/mol
XLogP3-AA2.7
ClasseArylcyclohexylamine
SMILESCC(C)NC1(CCCCC1=O)C2=CC(=CC=C2)OC
InChIKeyFTQIVDGNGXPEKP-UHFFFAOYSA-N

Mécanisme d’action

L’étude de dérivés de la MXE publiée par Irie et ses collègues rapporte un blocage puissant des récepteurs NMDA pour plusieurs analogues, dont le MXiPr. Cela correspond au mécanisme central attendu des dissociatifs : l’antagonisme NMDA perturbe la transmission glutamatergique et produit anesthésie dissociative, déconnexion sensorielle, altération de la mémoire, distorsion de la perception corporelle et état de « trou » dissociatif à forte intensité.

NMDA : le cœur dissociatif

Le blocage des récepteurs NMDA diminue l’intégration glutamatergique entre réseaux corticaux et sous-corticaux. Cette désynchronisation fonctionnelle explique la dissociation, l’analgésie, l’altération du schéma corporel et la fragmentation perceptive. La puissance exacte chez l’humain reste incertaine, car les données disponibles sont surtout in vitro et ne décrivent pas une pharmacocinétique clinique complète.

En simplifiant : le MXiPr coupe une partie des communications entre certaines zones du cerveau. Le corps, l’espace, les sons et les pensées peuvent alors paraître éloignés, irréels ou séparés de soi.

Sérotonine : hypothèse à manier prudemment

La MXE présente une inhibition du transporteur de la sérotonine dans certains modèles in vitro, et le MXiPr est souvent suspecté d’avoir une composante SRI par proximité structurale. Mais l’activité sérotoninergique du MXiPr n’est pas aussi bien caractérisée que son antagonisme NMDA. Le niveau de preuve doit donc rester explicitement inférieur.

Il pourrait aussi agir sur la sérotonine, ce qui justifie une prudence avec les antidépresseurs et drogues sérotoninergiques. Mais ce point est moins démontré que l’effet dissociatif.

L'addictivité

Potentiel addictif

Comme les autres antagonistes NMDA, le MXiPr peut entraîner une dépendance psychologique chez certaines personnes, surtout en usage fréquent, solitaire, anxiolytique ou de fuite émotionnelle. Le risque addictif est moins lié à un manque physique typique qu’à la recherche de dissociation, d’euphorie, d’anesthésie émotionnelle ou de déconnexion.

La tolérance aux dissociatifs peut monter rapidement et s’accompagner d’une tolérance croisée : après usage de MXiPr, la kétamine, la MXE, le DXM, le PCP-like et d’autres dissociatifs peuvent sembler moins actifs. Cela favorise l’augmentation des doses et rend les expériences suivantes moins prévisibles.

Évaluez vos consos avec le DUDIT !

Le Drug Use Disorder Identification Test Le questionnaire que vous pouvez utiliser sur cette page est réadapté du questionnaire DUDIT, utilisé par de nombreux professionnels de santé en addictologie. Hildebrand, M. (2015). The psychometric properties of the drug use disorders identification test (DUDIT): a review of recent research. Journal of substance abuse treatment, 53, 52-59.
DOI:10.1016/j.jsat.2015.01.008
, ou DUDIT, est un test que vous pouvez faire si vous avez un doute sur votre consommation. Seul.e vous pourrez voir le résultat.

Le questionnaire s'affiche une question à la fois. Répondez à la question actuelle pour passer à la suivante.

Les risques sur la santé

Données limitées : risque d’incertitude

Le principal problème du MXiPr est le manque de données : peu d’histoire d’usage, peu d’études pharmacologiques, pas de données cliniques robustes, peu de recul toxicologique. Les risques doivent donc être extrapolés à partir des arylcyclohexylamines proches, de la MXE, de la kétamine, de la pharmacologie NMDA et des signalements d’usagers.

Accidents, confusion et perte de contrôle moteur

La dissociation peut diminuer la douleur, la coordination, l’équilibre et la capacité à évaluer un danger. Les risques de chute, blessure, conduite sous influence, noyade, errance, comportement désorganisé ou rapport sexuel mal consenti augmentent nettement lorsque l’environnement n’est pas contrôlé. Les effets peuvent aussi rendre difficile l’appel à l’aide.

Risques psychologiques

Des épisodes d’anxiété, de panique, de dépersonnalisation, de déréalisation, de délire ou de manie sont possibles, surtout à fortes doses, en redosage, avec manque de sommeil ou mélange avec stimulants. Les personnes ayant des antécédents de psychose, bipolarité, épisodes maniaques ou dissociation sévère devraient considérer cette substance comme particulièrement à risque.

Convulsions et fortes doses

Des signalements anecdotiques associent le MXiPr à des convulsions à très fortes doses, notamment avec des voies rapides ou injectées. Le niveau de preuve est faible, mais l’incertitude est précisément un facteur de risque : pureté inconnue, produit mal identifié, tolérance difficile à estimer et redosage dans un état dissocié peuvent transformer une expérience prévue comme modérée en intoxication sévère.

Vessie et voies urinaires

Par analogie avec la kétamine et d’autres dissociatifs, un usage répété et fréquent pourrait exposer à des troubles urinaires : envies très fréquentes, urgence mictionnelle, douleurs pelviennes, douleurs vésicales, sang dans les urines. Le niveau de preuve spécifique au MXiPr est faible, mais l’absence de preuve n’est pas une preuve d’absence de risque.

Les mélanges

Interactions à surveiller

Les mélanges avec le MXiPr sont mal documentés. Il faut raisonner par classe pharmacologique : dissociatif NMDA, possible composante sérotoninergique, altération motrice et cognitive forte. Les combinaisons les plus problématiques sont celles qui augmentent la confusion, la désinhibition, la perte de conscience, le risque cardiovasculaire ou le risque de syndrome sérotoninergique.

  • Alcool, benzodiazépines, GHB/GBL, opioïdes : augmentation de la sédation, des vomissements, de la perte de conscience et du risque d’étouffement.
  • Stimulants : augmentation du stress cardiovasculaire, de l’agitation, de la paranoïa, de la manie et des comportements désorganisés.
  • MDMA, tramadol, IMAO, ISRS/IRSN et autres sérotoninergiques : prudence maximale, car une activité SRI du MXiPr est suspectée par analogie avec la MXE.
  • Autres dissociatifs : addition de la dissociation, blackouts, pertes d’équilibre, comportements automatiques, tolérance croisée et pression accrue sur les voies urinaires.

Culture, histoire & récits

Ne pas confondre MXiPr et MXPr

Le MXiPr est la methoxisopropamine ; le MXPr est la methoxpropamine. Les deux noms sont proches, les produits sont voisins chimiquement, mais ce ne sont pas les mêmes substances. Cette confusion est importante en réduction des risques : une erreur d’étiquetage ou d’interprétation peut modifier la puissance, la durée, les effets et les risques.

Pourquoi cette page reste prudente

Les pages de NPS doivent éviter de transformer des témoignages en certitudes. Pour le MXiPr, les informations subjectives sont utiles, mais elles ne remplacent pas des données toxicologiques, pharmacocinétiques et cliniques. Une formulation rigoureuse distingue donc clairement ce qui est documenté, ce qui est extrapolé, et ce qui reste simplement rapporté.

Bibliographie

Sources principales

  • Irie, T., Yanase, Y., Demizu, Y., Usami, M., & Kikura-Hanajiri, R. (2022). Derivatives of methoxetamine and major methoxetamine metabolites potently block NMDA receptors. Journal of Pharmacological Sciences, 150(4), 233–243.
    DOI:10.1016/j.jphs.2022.09.005
  • Tanaka, R., Kawamura, M., Mizutani, S., Hakamatsuka, T., & Kikura-Hanajiri, R. (2022). Identification of Three Arylcyclohexylamines (MXPr, MXiPr, and DMXE) in Illegal Products. Yakugaku Zasshi, 142(6), 675–681.
    DOI:10.1248/yakushi.21-00235
  • Pelletier, R., Le Daré, B., Le Bouëdec, D., Kernalléguen, A., & Ferron, P.-J. (2022). Arylcyclohexylamine Derivatives: Pharmacokinetic, Pharmacodynamic, Clinical and Forensic Aspects. International Journal of Molecular Sciences, 23(24), 15574.
    DOI:10.3390/ijms232415574
  • Hondebrink, L., Kasteel, E. E. J., Tukker, A. M., Wijnolts, F. M. J., Verboven, A. H. A., & Westerink, R. H. S. (2017). Neuropharmacological characterization of the new psychoactive substance methoxetamine. Neuropharmacology, 123, 1–9.
    DOI:10.1016/j.neuropharm.2017.04.035
  • Hildebrand, M. (2015). The psychometric properties of the Drug Use Disorders Identification Test (DUDIT): A review of recent research. Journal of Substance Abuse Treatment, 53, 52–59.
    DOI:10.1016/j.jsat.2015.01.008

Bases de données et ressources de contexte

  • Inxight Drugs / NCATS. Methoxisopropamine — substance profile.
    UNII:KHM3GXB3S9
  • PsychonautWiki. MXiPr. Ressource communautaire utile pour les effets subjectifs, à lire avec prudence car plusieurs sections sont signalées comme incomplètes ou peu validées.
    psychonautwiki.org/wiki/MXiPr
  • Légifrance. Arrêté du 22 février 1990 fixant la liste des substances classées comme stupéfiants. À vérifier avant publication pour le statut juridique exact du MXiPr.
    JORFTEXT000000533085