3-hydroxyphencyclidine
Le 3-HO-PCP est un dissociatif de la famille des phencyclidines.
Les effets
Les dosages
Dosages indicatifs
Dosages (par voie)
| Effets | Oral |
|---|---|
| Légers | 2 - 4 mg |
| Moyens | 4 - 6 mg |
| Forts | 6 - 8 mg |
| Très forts | 8 + mg |
Valeurs indicatives — dépendant de la pureté, tolérance et méthode d'administration.
Durée / Phases
| Phases | Oral |
|---|---|
| Début | 1 - 1.5 h |
| Effets principaux | 2 - 3 h |
| Descente | 1 - 2 h |
| Effets résiduels | 4 - 24 h |
Durée totale rapportée : 4 à 6 h par voie orale, avec une montée nettement plus lente que la kétamine (jusqu'à 90 min). Le détail des phases est estimé à partir de rares retours d'usagers et d'analogues (PCP, 3-MeO-PCP) : ces valeurs restent indicatives et très variables selon la dose, la voie et le métabolisme individuel.
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Le 3-HO-PCP est une substance dont la pureté peut varier. Il est important de connaître la puissance de votre produit pour adapter votre consommation.
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La pharmacologie
Le 3-HO-PCP (3-hydroxyphéncyclidine) appartient à la famille des arylcyclohexylamines, comme la kétamine, la PCP ou la MXE. C'est un dérivé hydroxylé de la PCP : on a simplement greffé un groupement —OH sur le cycle aromatique. Ce détail change beaucoup de choses, puisqu'il rend la molécule bien plus puissante que la PCP et lui donne une affinité inhabituelle pour les récepteurs opioïdes.
Profil pharmacologique
CID 133277 · CAS 79787-43-2 · ChemSpider 117583
Mode d'action Antagoniste non compétitif des récepteurs NMDA, avec une affinité notable pour le récepteur μ-opioïde et le récepteur sigma-1.
Mécanisme d'action
Comme tous les dissociatifs, le 3-HO-PCP agit d'abord en bloquant les récepteurs NMDA
du glutamate. Il se fixe à l'intérieur du canal ionique, sur le même site que la kétamine ou la
dizocilpine (MK-801), et empêche le passage des ions — ce qui interrompt une partie de la communication
entre les neurones et produit l'état de déconnexion caractéristique. D'après la
littérature disponible
Wallach, J., & Brandt, S. D. (2018).
Phencyclidine-based new psychoactive substances.
Handbook of Experimental Pharmacology, 252, 261–303.
DOI:
10.1007/164_2018_124,
le 3-HO-PCP se distingue par une affinité pour le récepteur NMDA environ huit fois supérieure
à celle de la PCP, et surtout par une particularité rare dans sa famille : il agit aussi sur
les récepteurs opioïdes.
Les cibles principales
C'est la cible centrale. En bloquant le canal NMDA, le 3-HO-PCP coupe le trafic de glutamate et provoque la dissociation : impression de détachement du corps et de l'environnement, analgésie, distorsions sensorielles. Son affinité élevée explique qu'il soit actif dès quelques milligrammes.
Dissociation · Analgésie · AnesthésieC'est ce qui rend le 3-HO-PCP unique parmi les arylcyclohexylamines : il se lie fortement au récepteur μ-opioïde, là où la PCP n'a quasiment aucune affinité. Cette activité a été démontrée chez l'animal ; on ignore encore dans quelle mesure elle se traduit chez l'humain. Si elle est réelle, elle ajoute un risque de dépression respiratoire.
Analgésie · Risque opioïde · Dépression respiratoireLe 3-HO-PCP se fixe aussi sur le récepteur sigma-1, une cible partagée par plusieurs dissociatifs. Son rôle exact dans l'expérience reste mal compris, mais il est souvent associé à la modulation de l'humeur et à la composante psychédélique / hallucinogène de ce type de produits.
Humeur · Hallucinations · ModulationAutres affinités et points de repère
Le 3-HO-PCP touche d'autres cibles à des degrés variables. Ces données proviennent surtout d'études de liaison anciennes, souvent menées chez l'animal : elles donnent une tendance, pas une garantie de ce qui se passe chez l'humain.
Affinité modérée (Ki ≈ 140 nM). Le récepteur kappa est associé à des effets dysphoriques et hallucinogènes — il pourrait participer aux expériences désagréables rapportées à forte dose.
Affinité faible (Ki ≈ 2 300 nM). Le récepteur delta n'est donc quasiment pas concerné aux doses usuelles : l'activité opioïde du 3-HO-PCP passe surtout par le récepteur μ.
L'ajout du groupement hydroxyle décuple la puissance : affinité NMDA ~8× supérieure et affinité μ-opioïde des centaines de fois plus forte que la PCP (Ki MOR de la PCP : 11 000–26 000 nM). D'où des doses actives bien plus basses, donc une marge d'erreur très étroite.
Très peu documenté chez l'humain. Aucune donnée fiable de demi-vie n'est établie : la durée d'action repose sur des retours d'usagers et sur des analogues, pas sur des études pharmacocinétiques.
L'addictivité
Potentiel addictif
Les données propres au 3-HO-PCP sont quasi inexistantes, mais deux éléments incitent à la prudence. D'abord, comme les autres dissociatifs de type PCP, il peut entraîner un usage compulsif et un redôsage au cours d'une même session, la dissociation poussant à reprendre du produit. Ensuite, son activité sur le récepteur μ-opioïde — absente chez la PCP — pourrait ajouter une composante de renforcement de type opioïde, et donc un risque de dépendance qu'on ne retrouve pas chez les autres arylcyclohexylamines. Une tolérance s'installe rapidement avec l'usage répété, poussant à augmenter les doses — ce qui est particulièrement dangereux pour une molécule active dès quelques milligrammes.
Comme pour toute substance, l'addiction résulte d'un faisceau de facteurs biologiques, psychologiques et sociaux — elle ne se réduit jamais à la seule pharmacologie du produit.
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Le
Drug Use Disorder Identification Test
Le questionnaire que vous pouvez
utiliser sur cette page est réadapté du questionnaire DUDIT, utilisé par de nombreux
professionnels de santé en addictologie.
Hildebrand, M. (2015).
The psychometric properties of the drug use
disorders identification test (DUDIT): a review of recent research. Journal of
substance abuse treatment, 53, 52-59.
DOI:10.1016/j.jsat.2015.01.008,
ou DUDIT, est un test que vous pouvez faire si vous avez un doute sur votre consommation. Seul.e
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Les risques sur la santé
Une substance encore mal connue
Le 3-HO-PCP est un produit de synthèse récent vendu comme research chemical. Son métabolisme, sa toxicité à long terme et ses interactions restent très peu documentés chez l'humain. La plupart des repères ci-dessous proviennent de rapports d'usagers, de cas cliniques isolés et de comparaisons avec des analogues. Ils donnent une tendance, pas des certitudes.
Une marge d'erreur très étroite
C'est sans doute le risque numéro un. Le 3-HO-PCP est actif dès 1 à quelques milligrammes, bien plus puissant que la kétamine. À ces quantités, l'écart entre une dose gérable et une dose de trop se joue sur des fractions de milligramme — impossible à doser à l'œil. Une balance de précision (0,001 g) ou un dosage volumétrique est indispensable. La montée étant lente (jusqu'à 90 min), le redôsage précoce « parce que ça ne monte pas » est un piège classique et dangereux.
Risque opioïde et dépression respiratoire
Contrairement aux autres dissociatifs, le 3-HO-PCP se lie fortement au récepteur μ-opioïde. Si cette activité démontrée chez l'animal se confirme chez l'humain, elle expose à un risque de dépression respiratoire absent des dissociatifs classiques, surtout en cas de surdosage ou de mélange avec d'autres dépresseurs (opioïdes, benzodiazépines, alcool). La naloxone pourrait théoriquement lever cette composante opioïde : en avoir à disposition est une précaution raisonnable.
Toxicité aiguë
Un cas clinique
analytiquement confirmé
Bardsley, R., et al. (2020).
Severe Toxicity to the New Psychoactive Substances 3-Hydroxyphencyclidine and N-Ethylhexedrone:
an Analytically Confirmed Case Report.
Journal of Medical Toxicology, 16(4), 483–486.
DOI:
10.1007/s13181-020-00777-5
décrit un homme admis aux urgences avec hyperthermie (39,9 °C), tachycardie (150 bpm),
conscience altérée et nystagmus — un tableau proche d'un surdosage de PCP. Les symptômes décrits
incluent aussi hallucinations, agitation et, à l'inverse, sédation profonde. La prise en charge repose
sur le refroidissement, l'hydratation et les benzodiazépines en milieu hospitalier.
Effets secondaires physiques
Plusieurs retours signalent, pendant ou peu après la prise, des douleurs musculaires et des symptômes pseudo-grippaux, plus marqués qu'avec d'autres dissociatifs. Cela suggère une toxicité potentiellement supérieure, en particulier à forte dose.
Les mélanges
Interactions à risque
Du fait de sa probable activité opioïde, le 3-HO-PCP est particulièrement dangereux avec les autres dépresseurs du système nerveux : opioïdes, benzodiazépines, alcool, GHB. Le cumul majore le risque de dépression respiratoire et de perte de conscience. Le mélange avec des stimulants (cocaïne, amphétamines) masque les signaux de fatigue et augmente la charge cardiovasculaire. La combinaison avec d'autres dissociatifs ou des hallucinogènes peut rendre l'expérience imprévisible et difficile à gérer.
Histoire et culture
Une molécule née en laboratoire
Le 3-HO-PCP a été synthétisé pour la première fois en 1978, dans le cadre de recherches sur les relations structure-activité des dérivés de la PCP — c'est-à-dire pour comprendre comment de petites modifications de la molécule changent ses effets. Il a ensuite été étudié aux côtés de la PCP dans les années 1980, période où son activité agoniste μ-opioïde a été mise en évidence chez l'animal. Il est resté une curiosité de laboratoire pendant des décennies.
Du laboratoire au marché gris
Son passage à l'usage humain n'a été suggéré qu'en 1999, par un chimiste sous le pseudonyme de John Q. Beagle, qui rapportait une puissance nettement supérieure à celle de la PCP et une « affinité profondément accrue pour le récepteur opiacé ». Le 3-HO-PCP est aujourd'hui distribué quasi exclusivement comme research chemical par des vendeurs en ligne. Il a déjà été retrouvé dans des échantillons vendus comme de la kétamine — une raison de plus de tester systématiquement ses produits, car aucune poudre blanche ne se distingue d'une autre à l'œil.
Bibliographie
Sources et références
-
Wallach, J., & Brandt, S. D. (2018). Phencyclidine-based new psychoactive
substances. Handbook of Experimental Pharmacology, 252, 261–303.
DOI: 10.1007/164_2018_124 -
Bardsley, R., et al. (2020). Severe Toxicity to the New Psychoactive Substances
3-Hydroxyphencyclidine and N-Ethylhexedrone: an Analytically Confirmed Case Report. Journal of
Medical Toxicology, 16(4), 483–486.
DOI: 10.1007/s13181-020-00777-5 -
Itzhak, Y., et al. (1981). A novel phencyclidine analog interacts selectively
with μ-opioid receptors. Life Sciences, 28(4), 393–399.
DOI: 10.1016/0024-3205(81)90087-3 -
CAHMA. (2023). Safer Using – 3-HO-PCP. Canberra Alliance for Harm Minimisation
& Advocacy.
cahma.org.au/article/safer-using-3-ho-pcp -
Hildebrand, M. (2015). The psychometric properties of the drug use disorders
identification test (DUDIT): a review of recent research. Journal of Substance Abuse Treatment,
53, 52–59.
DOI: 10.1016/j.jsat.2015.01.008