01 Cathinone

2-methylméthcathinone

La 2-MMC, ou ortoméphédrone, est une substance stimulante de la classe des cathinones.

Psychotrope illégal
Arrêté du 22 février 1990 fixant la liste des substances classées comme stupéfiants · Annexe III

Les effets

Les dosages

Dosages indicatifs

Dosages (par voie)

Effets Injection Nasal
Légers 1 - 10 mg 15 - 40 mg
Moyens 10 - 30 mg 40 - 80 mg
Forts 30 - 50 mg 80 - 100 mg
Très forts 50 + mg 100 + mg

Valeurs indicatives — dépendant de la pureté, tolérance et méthode d'administration.

Durée / Phases

Phases Injection Nasal
Début 5 - 10 min 10 - 30 min
Effets principaux 15 - 30 min 1 - 1.5 h
Descente 30 - 45 min 1 - 2 h
Effets résiduels ??? 1 - 1.5 h

Durées approximatives — sujettes à variation suivant la dose, voie et métabolisme individuel.

Calculateurs de dose et dosage recommandé.

Le 2-MMC est une substance dont la pureté peut varier d'un endroit à l'autre. Il n'existe pas de "dosage recommandé" sûr sans qu'une analyse n'ait été réalisée par un labo compétent, et sans que vous sachiez correctement doser votre produit. Renseignez-vous sur les différents aspects importants d'une consommation pour réduire au mieux les risques.

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mg

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La pharmacologie

Profil pharmacologique

CID 71750120 · non répertorié DrugBank

2-MMC · C₁₁H₁₅NO · structure développée

Mode d'action Agent libérateur (substrat) de dopamine, noradrénaline et sérotonine, à nette préférence dopaminergique et noradrénergique. Isomère de position du 3-MMC et du 4-MMC (mephédrone).

Formule chimique C₁₁H₁₅NO
Poids moléculaire 177.24g/mol
Demi-vie peu documentée
LogP 2.0
H-donneurs 1
H-accepteurs 2
Métabolisation CYP2D6 · N-déméthylation · réduction cétone

Mécanisme d'action

Comme les autres cathinones, la 2-MMC agit comme un agent libérateur de monoamines : plutôt que de simplement bloquer la recapture, elle pénètre les neurones via les transporteurs et force la libération de dopamine, de noradrénaline et, plus faiblement, de sérotonine. Sa particularité tient à sa substitution en position ortho (position 2) sur le noyau aromatique : cet encombrement stérique réduit son affinité pour les transporteurs et la rend moins puissante que ses isomères méta (3-MMC) et para (4-MMC, la mephédrone).


Les rares données disponibles proviennent d'essais sur synaptosomes de cerveau de rat Valeurs d'EC50 de libération mesurées in vitro sur synaptosomes de rat — elles ne sont pas directement transposables à l'humain et restent à confirmer. Decker, A. M., et al. (2018). The dopamine, serotonin and norepinephrine releasing activities of a series of methcathinone analogs in male rat brain synaptosomes. Psychopharmacology, 235(11), 3045–3055.
DOI: 10.1007/s00213-018-5063-9
qui placent les analogues substitués en position 2 (ortho) parmi les plus dopaminergiques et les moins sérotoninergiques de la série. En clair : un profil plus proche de celui d'une amphétamine que de celui de la MDMA — stimulant et euphorisant, moins empathogène.


Les trois neurotransmetteurs-clés

Dopamine DA · EC₅₀ ≈ 80 nM

Le moteur principal des effets : c'est la libération de dopamine qui porte la stimulation, l'euphorie et la sensation de « rush ». C'est aussi elle qui sous-tend le potentiel addictif et l'envie de redoser, typiques des cathinones à action courte.

Stimulation · Euphorie · Récompense
Noradrénaline NE · EC₅₀ ≈ 53 nM

Le « mode alerte » du corps. C'est le transporteur où la 2-MMC est la plus active in vitro : accélération du cœur, hausse de la tension artérielle et de la température, pupilles dilatées. C'est aussi le versant qui porte l'essentiel des risques cardiovasculaires.

Énergie · Éveil · Tension cardiovasculaire
Sérotonine 5-HT · EC₅₀ ≈ 490 nM

Composante nettement plus faible (environ 6 à 9 fois moins puissante qu'au niveau de la dopamine et de la noradrénaline). Elle apporte la touche entactogène — légère empathie, chaleur émotionnelle — qui justifie le classement de la 2-MMC parmi les empathogènes, mais sans l'intensité de la MDMA.

Empathie légère · Humeur

Ce que dit (et ne dit pas) la position du méthyle

L'essentiel du profil de la 2-MMC se déduit par analogie avec sa famille. Voici les points solides et les zones encore incertaines.

Isomérie de position

2-MMC, 3-MMC et 4-MMC partagent la même formule (C₁₁H₁₅NO) ; seule la place du méthyle change (ortho, méta, para). Cette différence minime modifie pourtant fortement l'affinité aux transporteurs — la position ortho de la 2-MMC l'affaiblit par encombrement stérique.

Comparaison MDMA / amphétamine

Plus dopaminergique et moins sérotoninergique que la MDMA, la 2-MMC s'apparente fonctionnellement à un stimulant de type amphétamine, avec une coloration empathogène secondaire plutôt qu'au premier plan.

Métabolisme présumé

Par extrapolation des autres cathinones : N-déméthylation, réduction de la fonction cétone et hydroxylation, avec implication probable du CYP2D6. [⚠ zone grise — aucune étude de métabolisme humain publiée sur la 2-MMC]

Données manquantes

Pas de profil de liaison aux récepteurs, pas de pharmacocinétique humaine, pas de demi-vie mesurée. Les valeurs ci-dessus sont issues d'essais animaux in vitro et doivent être lues comme des ordres de grandeur, non comme des certitudes cliniques.

Durée des effets

La 2-MMC est une substance à action courte. Par voie nasale, la montée arrive en 10 à 30 minutes, le plateau dure environ 1 à 1,5 heure, puis la descente s'étale sur 1 à 2 heures. En injection, tout est compressé : montée en quelques minutes, effets principaux sur 15 à 30 minutes. Cette brièveté est précisément ce qui pousse au redosage compulsif — on enchaîne les prises pour prolonger l'effet, ce qui augmente d'autant la fatigue cardiovasculaire et le risque de dépendance.


[⚠ zone grise] Aucune demi-vie humaine n'a été mesurée pour la 2-MMC. Les durées indiquées reposent sur des retours d'expérience d'usagers, pas sur des données pharmacocinétiques publiées. Elles varient fortement selon la dose, la pureté réelle du produit, la voie d'administration et le métabolisme de chacun·e.

L'addictivité

Potentiel addictif

Aucune étude ne mesure directement le potentiel addictif de la 2-MMC. Par précaution, on se réfère au profil des autres cathinones, considéré comme relativement élevé. Deux facteurs l'expliquent : une action fortement dopaminergique (le circuit de la récompense) et une durée d'effet courte qui pousse à redoser plusieurs fois dans une même session. Ce schéma de prises rapprochées est typiquement celui qui installe une consommation compulsive.


Rappelons que l'addiction n'est jamais la seule affaire de la molécule : elle résulte d'un mélange de facteurs biologiques, psychologiques et environnementaux. Le contexte de consommation, l'état émotionnel et les habitudes pèsent autant que la pharmacologie. Le questionnaire ci-dessous peut vous aider à faire le point, sans jugement.

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Le Drug Use Disorder Identification TestLe questionnaire que vous pouvez utiliser sur cette page est réadapté du questionnaire DUDIT, utilisé par de nombreux professionnels de santé en addictologie.Hildebrand, M. (2015). The psychometric properties of the DUDIT: a review of recent research. J. Substance Abuse Treatment, 53, 52-59.
DOI:10.1016/j.jsat.2015.01.008
, ou DUDIT, est un test que vous pouvez faire si vous avez un doute sur votre consommation. Seul.e vous pourrez voir le résultat.

Le questionnaire s'affiche une question à la fois. Répondez à la question actuelle pour passer à la suivante.

Les risques

Risques immédiats

Les risques propres à la 2-MMC ne sont quasiment pas documentés ; on s'appuie donc sur ce que l'on sait des cathinones en général. Les deux pôles à surveiller sont le système cardiovasculaire et la santé mentale.


Sur le plan physique, l'action noradrénergique entraîne tachycardie, hausse de la tension, vasoconstriction et montée de la température corporelle. En contexte festif (chaleur, danse, déshydratation, redosage), ces effets peuvent se cumuler dangereusement. Sur le plan psychique, les fortes doses ou les prises répétées favorisent anxiété, agitation et, plus rarement, des épisodes de paranoïa ou de bouffées délirantes. Des passages aux urgences psychiatriques ont été rapportés à la suite de surconsommations de cathinones.


Enfin, la 2-MMC libérant aussi de la sérotonine, son association à d'autres substances sérotoninergiques (MDMA, certains antidépresseurs, IMAO) expose à un syndrome sérotoninergique, une urgence médicale.

Risques à long terme

Là encore, pas de recul scientifique spécifique à la 2-MMC. Par analogie avec les cathinones et les stimulants en général, les usages répétés et prolongés font craindre : une installation de la dépendance, une fatigue cardiovasculaire chronique, des troubles de l'humeur et du sommeil sur les périodes de descente, et — pour la voie nasale — une irritation puis une détérioration de la muqueuse.


[⚠ zone grise] Tous ces risques au long cours sont extrapolés d'autres cathinones, faute d'études sur la 2-MMC elle-même. Cette incertitude est en soi un motif de prudence : on ne connaît ni les seuils, ni les effets cumulés réels de cette molécule récente.

Les mélanges

Interactions dangereuses

Trois familles de mélanges concentrent l'essentiel des risques avec la 2-MMC :

Avec d'autres stimulants (cocaïne, amphétamines, autres cathinones) : addition des effets cardiovasculaires, donc surcharge du cœur et risque accru d'accident.
Avec des dépresseurs (alcool, GHB/GBL, benzodiazépines) : le stimulant masque les signes d'intoxication du dépresseur. On ne se sent pas « autant » alcoolisé ou sous GHB qu'on ne l'est réellement — d'où un risque d'overdose du dépresseur, particulièrement traître avec le GHB.
Avec des sérotoninergiques (MDMA, ISRS, IMAO) : risque de syndrome sérotoninergique, pouvant être grave voire fatal avec les IMAO.

Tous les mélanges ne se valent pas. Le simulateur ci-dessous détaille les combinaisons les plus courantes.

Vérifiez vos mélanges

Utilisez le simulateur pour visualiser les interactions entre la 2-MMC et d'autres substances. Un lien vers Mixtures.info est proposé à chaque simulation.

2-MMC mélangée avec :

Les informations proviennent du travail de l'équipe de Mixtures.info.

Histoire et culture

Origines

La 2-MMC est une molécule récente : elle a été identifiée pour la première fois en Suède en 2014, puis signalée dans d'autres pays européens comme la Pologne et l'Espagne. Son apparition s'inscrit dans la logique des « research chemicals » : à mesure que la mephédrone (4-MMC) puis la 3-MMC ont été interdites, des isomères encore non contrôlés — dont la 2-MMC — ont pris le relais sur le marché, exploitant les vides juridiques.


Distinguer ces trois isomères n'est pas trivial : ils ont la même formule et des spectres très proches. Les laboratoires forensiques doivent recourir à des techniques fines (RMN, GC-MS, voire spectroscopie proche infrarouge) pour trancher entre 2-, 3- et 4-MMC. En juillet 2025, l'agence européenne sur les drogues (EUDA) Anciennement EMCDDA. Le rapport initial sur la 2-MMC documente sa structure, sa présence sur le marché et l'absence de données toxicologiques solides. EUDA (2025). Initial report on the new psychoactive substance 2-MMC. European Union Drugs Agency, Lisbonne.
euda.europa.eu
a publié un rapport initial sur la 2-MMC, signe qu'elle est désormais suivie de près par le système d'alerte précoce.

Marché et usages

Les cathinones de synthèse forment l'un des segments les plus dynamiques du marché des nouvelles drogues : l'EUDA en surveille 178 différentes apparues entre 2004 et 2024, et les quantités saisies en Europe ont explosé sur la période récente. La 2-MMC se rencontre généralement sous forme de poudre ou de cristaux (sel chlorhydrate), consommée surtout par voie nasale, plus rarement injectée.


Les usages recoupent ceux des autres cathinones stimulantes : contextes festifs, recherche d'énergie et de désinhibition, parfois chemsex. Sa coloration empathogène plus discrète que la MDMA et son action courte en font un produit que les usager·ères décrivent comme « à mi-chemin » entre une amphétamine et une mephédrone allégée — un profil qui invite d'autant plus à la vigilance que les données manquent.

Bibliographie

Sources et références

  • EUDA (2025). Initial report on the new psychoactive substance 2-MMC (2-methylmethcathinone). European Union Drugs Agency, Lisbonne.
    euda.europa.eu
  • Decker, A. M., et al. (2018). The dopamine, serotonin and norepinephrine releasing activities of a series of methcathinone analogs in male rat brain synaptosomes. Psychopharmacology, 235(11), 3045–3055.
    DOI: 10.1007/s00213-018-5063-9
  • Glennon, R. A., et al. (2019). Systematic structure–activity studies on selected 2-, 3-, and 4-monosubstituted synthetic methcathinone analogs as monoamine transporter releasing agents. ACS Chemical Neuroscience, 10(8), 3404–3417.
    DOI: 10.1021/acschemneuro.8b00524
  • Gibbons, S., & Zloh, M. (2011). The analysis of substituted cathinones. Part 1: Chemical analysis of 2-, 3- and 4-methylmethcathinone. Forensic Science International, 211(1–3), 47–53.
    DOI: 10.1016/j.forsciint.2011.04.012
  • Hildebrand, M. (2015). The psychometric properties of the Drug Use Disorders Identification Test (DUDIT): a review of recent research. Journal of Substance Abuse Treatment, 53, 52–59.
    DOI: 10.1016/j.jsat.2015.01.008

Pour aller plus loin

  • Baumann, M. H., et al. (2018). Neuropharmacology of synthetic cathinones. Handbook of Experimental Pharmacology, 252, 113–142.
    DOI: 10.1007/164_2018_178
  • Nadal-Gratacós, N., et al. (2021). Structure–activity relationship of synthetic cathinones: an updated review. ACS Chemical Neuroscience, 12(12), 2072–2089.
    DOI: 10.1021/acschemneuro.1c00253
  • Kranenburg, R. F., et al. (2022). Portable near-infrared spectroscopy for the identification of methylmethcathinone positional isomers. (Identification rapide 2-/3-/4-MMC, complémentaire à la GC-MS).
    DOI: 10.1002/dta.3221

Ressource communautaire complémentaire (retours d'usage, à lire avec esprit critique) : PsychonautWiki — 2-MMC.